L'entretien de recrutement est votre première réunion de travail !

"Gloups... je suis convoqué à un entretien de recrutement. Le deuxième en six mois. Toute ma famille se réjouit, j'ai l'impression qu'il n'y a que moi qui soit perplexe et inquiet. Je sais bien que je devrais sauter au plafond mais non, j'ai plutôt envie de me cacher sous mon lit et de ne ressortir que lorsque l'entretien sera passé..."

Bienvenue chez les humains ! Difficile de prendre ses distances avec un tel évènement, l'entretien est important, ne nous le cachons pas, ce n'est pas une simple formalité, c'est LA rencontre entre vous et l'entreprise, rencontre que l'on espère bien entendu parfaite, une rencontre sur laquelle la mise peut rapporter gros, l'enjeu, surtout en ces temps, est important, mais vraiment important et vous le savez au fond de vous.

Vous allez vous préparer en lisant quelques uns des mille billets de ce blog, vous ferez le cas échéant appel à un conseiller ou un coach pour optimiser votre démarche, vous parcourrez des centaines d'articles, vous plaçant parfois dans la détresse la plus profonde tant les avis semblent partagés et rarement unanimes, bref, vous ferez de votre mieux pour laisser éclater cette incroyable vérité : vous êtes un bon spécialiste dans votre métier et n'êtes pas expert en recherche d'emploi (ce qui, entre nous, est plutôt sain, non ?).

Eh bien dîtes-vous qu'il existe peut-être un moyen de vous rassurer et d'envisager l'entretien sous un nouvel angle... 
Vous êtes un excellent professionnel, n'est-ce pas ? Lorsque vous serez en poste, il vous arrivera souvent de présenter certains projets, de défendre un avis, une préconisation, de vous exposer un peu à l'occasion de réunions, de prendre parti pour telle ou telle option... La vraie vie, quoi !

Cette vraie vie, vous allez l'expérimenter en entretien de recrutement, si, si... Je vous encourage à considérer l'entretien comme votre première réunion de travail chez votre nouvel employeur. Cette rencontre marquera dans tous les cas, votre premier échange avec les décideurs qui vous reçoivent. Le thème de la réunion est simple : "quels sont les enjeux de l'entreprise et de quelle façon y répondre ?"

Je le reconnais, il se peut que cette réunion soit également la dernière, néanmoins, préparez la comme si vous étiez en poste, comme si vous présentiez votre propre projet, celui que vous avez pris en charge et qu'il vous faut maintenant proposer à l'ensemble du board. 
Pas si simple ? Non, vous avez raison, ce n'est pas simple... Cependant, vous l'aborderez de la même façon que celle que vous aurez à préparer dès que votre embauche sera confirmée, et là non plus, croyez moi, vous ne penserez pas que c'est simple, vous vous direz juste que l'ensemble de vos capacités professionnelles devront être focalisées sur la préparation de ce nouvel enjeu ! 
Voulez vous tenter cette approche ? N'hésitez pas à me contacter au 06 51 75 66 05 pour tout accompagnement. A bientôt !

Votre premier réseau

A l'heure des réseaux sociaux virtuels ou numériques, abreuvés que nous sommes par les recommandations les plus justes ou fantaisistes sur les secrets du retour à l'emploi par une attitude 2.0 (attention, ne pas lire "de nul" mais bien "deux point zéro" !), je ne cesse de défendre l'idée qu'aucune recette miracle n'existe (chose que vous avez constatée) mais que l'utilisation intelligente et complémentaire de l'ensemble des outils dont nous disposons (le CV, la carte de visite ou le profil numérique par exemple) favorisent la rencontre et l'échange entre nous, candidats, et les recruteurs potentiels. 

L'attitude réseau constitue sans aucun doute l'un de ces outils. Pour autant,  au delà de vos prouesses de community manager, vos talents dans l'art d'engager une conversation avec votre futur boss au travers de 140 caractères, avez-vous pensé à communiquer avec l'ensemble de votre premier réseau* ? Celui qui ne vous suit pas sur Twitter ? Celui qui ne connait pas vos photos sur Facebook ? Celui que vous ne croisez pas dans les hubs ou groupes présents sur LinkedIn et Viadeo ? 

Avez-vous tout simplement pensé à inclure les personnes que vous côtoyez quotidiennement, en dehors de tout contexte professionnel ? Vos voisins connaissent-ils votre objectif ? Les avez-vous informés de vos recherches ? Avez-vous imaginé que, même s'ils ne sont pas directement impliqués ou experts dans votre métier, ils appartiennent eux aussi à un réseau, celui de leur propre environnement professionnel, rencontrant constamment des personnes, jusqu'alors inconnues de vous, qui pourraient s'avérer utiles...?
Mais utiles à quoi, me demandez-vous ? 

Et bien pour commencer, "utiles" pour vous connecter à tout ce que vous n'aviez pas envisagé, tout ce qui contribuerait à vous laisser surprendre, à laisser entrevoir de nouveaux horizons, de nouvelles idées, de belles rencontres... Utiles car sortir de son système, c'est ouvrir une fenêtre et créer un appel d'air, un tourbillon de potentiels jusque là inexplorés.

Vous l'avez compris, je vous invite à communiquer avec ce premier réseau, questionnez, informez vos amis, vos proches, vos voisins, les commerçants de votre situation, de vos recherches. Savent-ils que vous êtes actuellement en recherche d'emploi, vous ont-ils parlé de leur entreprise, de celle de leur conjoint, de ce qui se passe dans la sphère professionnelle de leur propre réseau ? Les avez-vous sollicités pour vous mettre en contact avec leur employeur ? Bref, il ne s'agit pas ici de se transformer en super communicant de l'espace, mais bien d'ouvrir sa porte et de laisser les relations humaines faire le reste, aussi simplement que d'aller acheter une baguette à la boulangerie. Voulez-vous essayer ?

* Un merci amical à Alain qui reconnaitra sans doute l'une de nos récentes conversations
  

Evolution de carrière dès l'embauche

Sans parler de plan de carrière, je recommande aux candidats d'aborder la question de l'évolution du poste au cours des années à venir. Bien sûr, il ne s'agit pas d'avoir les dents qui rayent le parquet, mais bien de prendre une décision en connaissance de cause, de déterminer sa profonde motivation à évoluer au sein d'une entreprise ou d'un groupe.

Comment évoluent les fonctions de ceux qui sont en place, au sein de l'entreprise, ont-ils reçu un plan d'évolution, un parcours clair laissant favorisant l'expression des qualités et des performances, encourageant l'initiative.

Il n'est pas rare de lire dans les annonces que telle ou telle entreprise s'engage aux côtés de ses collaborateurs, renforçant les groupes de créativité, décloisonnant pour mieux responsabiliser, bla bla bla, etc, etc... Tout cela n'est que du vent si le parcours proposé au nouvel arrivant n'est pas cadré dans le temps et assorti d'évolutions clairement annoncées dès l'embauche. Il ne s'agit en aucun cas de promesses (qui n'engagent généralement que ceux qui y croient), de miroir aux alouettes destiné à ne retenir que les meilleurs, mais davantage à construire une relation loyale et fidèle entre l'entreprise et ses collaborateurs, développant du même coup ces fameuses notions d'engagement. 

Cet échange vous indiquera clairement comment sont "traités" les salariés d'une entreprise, de quelle(s) façons sont-ils encouragés à prendre des initiatives, s'ils sont considérés, ou non... Allez-vous concrètement progresser, évoluer en termes de compétences, de capacités, développer une expertise complémentaire ? En tant que manager, je considère que l'entreprise doit s'efforcer d'accompagner ses collaborateurs sur ce chemin de progression et d'évolution... Vous le savez sans doute mais le changement est systématiquement à la source de créativités et d'idées nouvelles permettant à chacun de sortir de sa fameuse zone de confort.

Vous l'avez compris, je vous invite à questionner le recruteur sur le parcours interne des collaborateurs, ce sera, je le pense, une excellente base de réflexion vous permettant d'accepter ou de décliner une offre.

Vous n'avez pas une tête de case !

"Ah la vache, j'ai le trouillomètre à zéro, je dois passer des tests de recrutement demain matin...". Tadam.. Enfer et damnation.

Cela ne vous dit rien ? Mais si, ces fameuses questions dans lesquelles vous serez confronté à des choix étranges, à déterminer si l'eldorado vous plaît davantage que le paradis, à choisir entre le métier de prothésiste dentaire ou directeur d'une agence bancaire (sachant que vous êtes ingénieur d'affaires...). Bref, une série de questions et de suggestions décalées parfois. Ces tests, il est fort probable que vous les passerez au sein d'un cabinet de recrutement, dans un délai imparti, explorant différents types de questionnaires, du QCM à une suite logique... 

Gardez ceci en tête, ces tests ne constituent pas une base de sélection, mais davantage un prétexte à la rencontre et à l'échange avec le recruteur. Lorsque vous affirmez préférer telle ou telle situation, soyez en mesure d'expliquer un minimum la cause de votre réponse. Ayez des arguments, ayez préparé la valorisation de votre parcours pour connecter chacune de vos réponses par un fait, une illustration issue de votre expérience professionnelle ou personnelle. 

Aucun candidat ne répond la même chose (sur 100 ou 200 questions, ce serait fort, non ! Surtout lorsque se présentent deux ou trois (ou plus encore) réponses possibles), personne ne rentre dans telle ou telle case (et c'est tant mieux !), aucun "psychologue" ne détermine votre personnalité au travers de ces tests. En revanche, accepter de fournir quelques éléments, c'est jouer le jeu du dialogue, du recrutement et proposer un échange construit autour de vos réponses. 

Je ne crois pas à l'étude "laser", celle qui prétend du haut de son logiciel que vous êtes comme ci ou comme cela et que comme l'ordinateur ne se trompe jamais, vous ne pouvez rentrer dans aucune autre case que celles que l'on vous prête. Je n'y crois pas un seul instant, l'être humain est suffisamment complexe pour être tout et son contraire, pour être absolument unique et singulier. Et heureusement, non ? Vous n'avez pas une tête de case ! Bref, ne pas croire à ces études ne m'empêche pas de remplir docilement les pages en répondant parfois au hasard à des questions qui ne m'intéressent pas, mais vraiment pas... L'important est ailleurs, l'important est dans l'attitude de partage et de coopération que vous véhiculerez, l'important est dans la pertinence de votre préparation (notamment sur vos compétences et leurs illustrations) et l'argumentation que vous pourrez apporter à tel ou tel point ("pourquoi, à la question n°116 avez-vous répondu que vous préfèreriez être directeur d'agence bancaire plutôt que prothésiste dentaire ? Hein ? "). Haut Les Coeurs !!! et bons tests !


Fan Ke Wei Zhu

"Fan Ke Wei Zhu"... euh... Kesako ? 
Eh bien c'est du chinois, et nous allons nous inspirer du 30ème stratagème (issu des 36 stratagèmes - Manuel secret de l'art de la guerre) : "D'invité, se transformer en maître de céans" pour aborder l'entretien de recrutement.

Vous le savez, je défends le rapport d'égalité entre candidat et recruteur, estimant que l'entretien d'embauche est, et restera dans tous les cas, votre première réunion de travail avec votre futur employeur. Dans ce stratagème, il est question de "prendre la place du maître", évidemment, vous ne chasserez pas le recruteur de son siège mais développerez la faculté de conduire l'entretien, sans en avoir l'air, en l'emmenant sur les territoires qui vous conviennent davantage.

La première étape pour mener à bien cette stratégie est de construire un CV (document qui sert, entre autres, à structurer l'entretien) autour de votre interlocuteur, c'est à dire autour de ce qu'il recherche, de ce qu'il attend. La meilleure méthode pour atteindre ce résultat consiste à proposer le pacte de votre future collaboration en débutant le CV par une rubrique intitulée "domaines de compétences" ou "voilà mon coco ce que je vais faire pour toi dès que tu m'auras recruté". Vous remarquerez dans ce cas, que l'esprit du CV est bien orienté vers l'avenir.
L'expérience professionnelle ne servira alors qu'à confirmer par l'illustration précise de réalisations, le fait que vous maîtrisez bien, telle ou telle compétence.

En gros, puisque les compétences sont validées dans votre CV par une bonne présentation de vos réalisations, il sera temps de passer au choses sérieuses, vous-même et plus largement tout ce qui vous différencie d'un autre candidat. Comment marquer cette différence ? Par votre attitude bien entendu mais également par tout ce qui peut vous animer, vous motiver, vous passionner - et c'est en cela que je pense que les centres d'intérêts sont essentiels, parce qu'ils tendent une perche à un recruteur qui a déjà validé bon nombre d'éléments, ils permettent de  passer du temps sur un aspect de votre personnalité.

La préparation de l'entretien est un passage facilitant la prise de position. Vous savez pourquoi vous avez postulé, vous connaissez l'environnement de l'entreprise ou de l'entité, et êtes en mesure de relancer l'échange au travers de questions précises et judicieuses. D'interviewé, vous passez à la maîtrise du questionnement et pouvez de ce fait corriger sensiblement un déséquilibre de prise de parole. Après tout, le candidat sélectionne également l'entreprise pour laquelle il s'engagera au cours d'un entretien d'embauche, non ? (gardons à l'esprit que l'accord final appartient au candidat en cas de succès au recrutement).

Enfin, nous reprochons souvent aux recruteurs de ne donner aucun signe de vie (ou alors complètement automatisé) après la réception d'un CV ou suite à une rencontre, "d'invité, se transformer en maître de céans" passera sans aucun doute par votre propre attitude : vous manifester suite à l'entretien en remerciant le recruteur de vous avoir reçu, en le relançant le cas échéant si aucune nouvelle ne vous est parvenue dans le laps de temps annoncé.

Du bon sens, du bon sens et encore du bon sens, je vous invite à parcourir "les 36 stratagèmes"traduits par Jean Levi, très éclairant sur la stratégie à construire dans sa recherche d'emploi. 
前進!

Le mot "talent" à toutes les sauces

Je n'en peux plus d'entendre parler de talents... Ce mot est tellement utilisé qu'il en devient ridicule. "Les talents sont rares, chassez les talents, attirez les talents, séduisez les talents" ! On ne parle plus de qualité, on parle de talent. On ne parle plus de candidats, on parle de talents... risible.

Réflexe, prenez votre Larousse ou votre Petit Robert et lisez attentivement la définition. Dans le genre définition, remarquez que celle-ci est particulièrement vague, non ? "Personne douée dans un domaine"... Qui ne correspond pas à cette définition ? Qui ? 

La recherche d'emploi représente un moment charnière, à part, une période sensible, souvent accompagnée de remises en questions, de craintes et d'incertitudes. Je constate chaque jour en rencontrant des candidats, que ce type de discours faussement positif altère réellement l'estime qu'ils portent à leur démarche ou à leur parcours. "J'ai du talent, mais je ne me considère pas comme talentueux...". 
Au risque de passer pour un affreux rétrograde (qui ne se débrouille pourtant pas si mal avec les outils d'aujourd'hui), je trouve que l'usage du mot "Talents" à toutes les sauces constitue une forme de maltraitance envers tous ceux qui connaissent une situation de chômage d'abord, mais aussi envers les salariés des entreprises qui constatent avec écoeurement, sur certaines pages FB, que l'expression "chasse de talents" est exclusivement réservée pour l'extérieur - l'herbe est toujours plus verte ailleurs. (au fait, les entreprises, êtes-vous sûres de mériter les talents ? - c'est une autre question)

Certains mots disparaissent trop rapidement du langage RH : "candidat", "chômeurs", "licenciements", "recrutement" pour être respectivement remplacés par "talent", "          ", "plan de sauvegarde de l'emploi", "conversation". 
Le mot "CV" est devenu un gros mot, objet de la risée de nombreux observateurs avertis (qui au passage ne manquent pas de m'envoyer le leur) et au final, dans un contexte de "transparence 2.0 totale", l'on se retrouve en face de tabous, d'évitements qui plongent de nombreux candidats dans le désarroi le plus profond. STOP ! 
Chers candidats (ou futurs candidats), restez sceptiques, fiez vous à votre intelligence et ayez confiance en votre capacité à utiliser les meilleures stratégies, les meilleurs outils vous rapprochant de votre objectif. Dès qu'un outil ou une méthode aura fait ses preuves en terme de recrutement, vous le saurez, cela se saura. Ne culpabilisez pas parce que vous ne vous retrouvez pas dans le mot "talent", parce que vous n'êtes pas un expert de la conversation sur Twitter avec un DRH, ne culpabilisez pas de ne pas "succomber" aux dernières modes et ne tombez pas sous le joug de la preuve sociale, celle-là même qui fait tant de dégâts. Bref, gardez discernement et esprit critique, ce n'est pas parce que le bruit le plus fort dit n'importe quoi qu'il faut le croire. Haut Les Coeurs !!!

L'effet de dotation

Avez-vous remarqué, plus on avance dans un entretien de recrutement, enchaînant les entretiens pour un poste, et plus l'on est déçu lorsque le job nous passe sous le nez... Logique me direz-vous.

Eh bien non, ce n'est pas aussi logique que cela, le résultat, que l'on ait franchit le cap du CV ou passé 6 entretiens est rigoureusement le même : le poste nous échappe, en revanche, le chemin parcouru, l'expérience générée, la connaissance de soi, la notion de réalisation n'ont rien à voir. 
En gros, nous nous exposons souvent à davantage de déception et de frustration lorsque nous réussissons à passer le cap des entretiens, cela porte un nom : l'effet de dotation. Tadam...

Ce biais décrit précisément le fait que nous accordions plus de valeur à quelque chose que nous sommes sur le point d'acquérir ou de posséder. Ce quelque chose peut-être un poste, un amour, un objet, une action et c'est exactement ce qui déclenche l'envolée des prix dans certaines ventes aux enchères, rendant l'acquisition d'une oeuvre, totalement disproportionnée par rapport à sa valeur.

Revenons un instant à la recherche d'emploi, dans un cas, vous ne passez pas le cap du CV, dans l'autre, vous vous retrouvez en "short-list" mais n'êtes finalement pas retenu. Si nous comparons le résultat, la "non-embauche" du candidat dans les deux cas, il n'y a aucune raison d'accorder une valeur supérieure à l'une plus qu'à l'autre. Néanmoins, si l'on considère l'attention qui a été portée à votre candidature, la pertinence et l'a propos de votre démarche, l'expérience vécue et la mise en action, entre nous, il n'y a pas photo, vous ne croyez pas ? 
Ne vous trompez pas de déception et réjouissez-vous de ces avancées, de ces signes, qui d'une façon ou d'une autre vous rapprochent à chaque instant de votre futur job. 

Haut Les Coeurs !!!