Gestion de carrière et recherche d'emploi

Je m'interroge beaucoup.. et souvent.. sur le rôle des réseaux sociaux sociaux dans la recherche d'emploi. Pour être totalement transparent, je ne parviens pas à être convaincu de l'efficacité des réseaux sociaux lorsque l'on s'inscrit dans une démarche urgente de retour à l'emploi, après tout, je commence à avoir une certaine expérience des situations tendues. En gros, tout miser sur sa présence numérique lorsque l'on est au chômage ou en recherche active d'emploi ne me semble pas être la meilleure des stratégies.

Sauf coup de chance, et cela arrive de temps en temps, l'aspect conversationnel, humain mis en avant par l'émergence du recrutement par les réseaux correspond davantage à une démarche s'inscrivant dans un cycle à moyen terme. Par conséquent, entamer une démarche de visibilité, de "personal branding", de rapprochement avec certains décideurs (et pas seulement du recrutement) relève bien plus de la gestion de carrière que d'autre chose. Cette démarche pourra - éventuellement - inspirer ceux qui partagent les mêmes visions, intérêts économiques et vous ouvrir, pourquoi pas, les portes de nouveaux horizons professionnels. 

Seulement voilà, quand on recherche un emploi, on a forcément une autre vision du temps, et tout devient relativement plus urgent. L'aspect conversationnel vanté par la profession RH autour de l'usage des réseaux sociaux s'inscrit-il dans cette perspective ? Non, puisqu'est systématiquement mise en avant la notion de sourcing, de vivier, de conversation, d'engagement... tout cela, vous en conviendrez, ne répond pas à l'urgence du retour à l'emploi dans laquelle est plongée une personne au chômage. La recherche d'emploi, c'est aussi une question de rythme : rythme long si l'on évoque une gestion de carrière, rythme court si l'on se concentre sur un retour à l'emploi immédiat. Les deux combinés me paraissent être les plus efficaces. 

Vous l'avez remarqué, je suis très présent sur toutes les plateformes et réseaux, j'aurais un certain culot à dénigrer ces outils, y compris dans le cadre de la recherche d'emploi.
Bon alors on fait quoi ? Et bien deux choses :

- Vous êtes en poste, arrêtez d'être passif sur les réseaux sociaux, utilisez tous les leviers mis à votre disposition pour travailler votre présence, rapprochez vous de vos relations professionnelles, échangez, donnez votre point de vue, rencontrez, provoquez (lire aussi Etre actif sur les réseaux sociaux sans en faire des tonnes). L'ensemble de cette démarche s'appelle aussi la gestion de carrière, vous en tirerez toujours quelque chose de solide, y compris le jour où, peut-être, vous serez en situation de recherche d'emploi.

- Vous êtes en recherche active et n'avez pas vraiment travaillé votre présence numérique par le passé, il n'est pas trop tard pour commencer bien entendu, au contraire. En revanche, ne pensez pas que cette seule activité puisse rapidement vous ouvrir les portes d'une entreprise, elle fait partie d'une stratégie plus générale, celle d'actionner tous les leviers, de l'annonce aux réseaux, en passant par la candidature spontanée, pour optimiser le succès de vos ambitions.

Enfin, souvenez vous qu'il n'existe pas de recette miracle, cela se saurait, aussi, soyez malins et travaillez vos basiques de façon pragmatique en vous appuyant sur tous les outils proposés.

PS : ayant assisté à la présentation de l'étude  - Panel Apec 2012, je vous renvoie aux billets de Carole Blancot et de Sylvaine Pascual pour alimenter nos réflexions.


Ecrire sa motivation


"Arghh, j'ai l'impression que tout ce que je peux écrire dans ma lettre de motivation est d'une banalité affligeante.. Bien sûr, j'ai essayé d'exprimer tout ce qui me donnait envie de travailler pour l'entreprise, de rejoindre ses effectifs et de consacrer mes prochaines années à son développement, mais rien à faire, ça sonne faux et très légèrement bateau !"

Bon, du calme ! On ne vous demande pas d'écrire un essai littéraire, argumenté, sur les raisons métaphysiques qui motivent votre candidature auprès de l'entreprise ciblée mais d'exprimer simplement et succinctement en quelques lignes (une quinzaine), la raison pour laquelle vous semblez vouloir consacrer votre avenir professionnel au service d'une entreprise que vous ne connaissez que très peu tout en lui donnant envie de vous rencontrer à l'occasion d'un entretien.

Alors pour quelles raisons souhaite t'on postuler sérieusement auprès d'une entreprise ? Avant tout parce que l'on croit en l'avenir de cette société, ses choix stratégiques semblent cohérents, en phase avec l'évolution du métier, le secteur est porteur de projets. Bref, même si l'on ne lit pas dans le futur, exprimer sa confiance et son envie de participer à une aventure à laquelle on croit ne me paraît pas si "bateau" que cela. Au contraire, les lettres de motivation qui contiennent cette idée sont extrêmement rares, vraiment, vraiment rares.

Ce qui pourrait parfois sonner un peu faux, c'est la phrase passe-partout qui ne parle que de VOTRE objectif : "je souhaite mettre mes compétences au service d'une entreprise dynamique, bla, bla, bla...".
L'idée étant plutôt de dégager quelques accents de sincérité en orientant votre texte - par exemple - de la façon suivante : "Vous communiquez largement sur votre développement à l'international, sur la nécessité de renforcer vos parts de marché dans les pays émergents, je crois profondément au succès de cette orientation et désire ardemment participer avec vos équipes au déploiement de cette stratégie." Finalement, vous soulignez de ce fait votre compréhension de l'entreprise, votre intérêt et votre motivation. Évidemment, une lettre réussie et synthétique passe par une phase de préparation et de collecte d'informations importante, mais là, vous le saviez déjà.

Enfin, vous avez remarqué que j'utilise facilement les adverbes, ils donnent du contraste, de la personnalité à votre message et renforcent considérablement votre message. Utilisez- les !

Le recruteur n'est pas un psy !



L'entretien de recrutement n'est pas une séance chez le psy, attention, à ne pas déballer votre vie parce que vous vous sentez en confiance, distinguez bien la sphère privée, intime de celle qui vous préoccupe en cet instant.

Bien entendu, vous évoquerez probablement le métier de votre conjoint, l'âge de vos enfants, vos études... mais stop, pas plus, ne racontez pas votre enfance, vos rapports avec vos parents, votre divorce, la difficulté de se sentir bien, d'avancer, d'aller de l'avant et tout le pathos qui l'entoure... gloups, c'est malin, j'ai le bourdon maintenant !

Vous vous concentrerez sur un message positif, une mise en avant de vos compétences, de vos capacités à rebondir, à garder l'esprit clair. Chacun a vécu des expériences personnelles ou professionnelles difficiles, si vous devez justifier d'un trou dans votre CV ou d'un départ précipité, faites état d'évènements personnels qui ont nécessité une prise de recul, faites état d'une relation professionnelle peu épanouissante, on vous demandera probablement ce qui s'est passé, à vous de rester respectueux et d'expliquer qu'il est bon parfois de prendre des décisions courageuses, dans l'intérêt de tous.

Ne rentrez pas dans le détail, d'autant plus si l'entretien se déroule favorablement ! Cela montrera que vous êtes à nouveau solide après une période difficile, cela montrera également votre capacité d'avancer, de ne pas mélanger vie personnelle et vie professionnelle et de croire en vous !

Conscient qu'il est parfois difficile de se contraindre surtout si les convocations aux entretiens se font rares, je vous invite enfin à prendre l'habitude d'exprimer simplement et aussi souvent que possible tout ce qui peut vous rester au travers de la gorge, pas auprès du recruteur, vous l'aviez compris, mais auprès de vos amis, familles ou étrangers comme moi. Pour quelle raison ? Parce que vous apprendrez à évacuer la colère - mais aussi les trémolos dans la voix - et par conséquent à vous mobiliser positivement sur le seul objectif qui vaille : décrocher ce job, et rien d'autre.

"Laissons le passé être le passé" - Homère, d'alors.

Bref un seul mot d'ordre : avanti !

Qu'il est difficile d'être candidat !

Qu'il est difficile d'être candidat ! Tantôt global (un candidat 360° en somme), professionnel (dans sa recherche, son approche, sa tête), connecté (hyper connecté même mais sachant gérer son temps et restant efficace), spécialiste en marketing (voir ICI), maniant correctement l'art de la conversation (sur twitter, Facebook, dans les hubs LinkedIn ou Viadeo), véritable as du CV (bon, ça, c'est possible grâce à Haut les Coeurs !!!), de la vente (qualification des cibles et de l'employeur, connaissance des argumentaires, des facteurs de différenciation), dynamique, pêchu (j'ai une de ces pêches !), tonique, expert dans votre métier (oui, quand même un peu), souriant ( ;) ou :) ou encore :D ou mdr ), réseauteur (avec les anciens de son école par exemple), combattif (sait tirer une leçon positive de ses échecs), jeune avec expérience ou senior peu exigeant, geek (early adopter c'est encore mieux), beau (ça aide), présent sur tous les médias sociaux, congruent et cohérent (votre projet professionnel est si limpide que tous vos actes sont parfaitement orientés), brandé (un blog, un compte Facebook ou Twitter, des profiles vendeurs), prospectif, influenceur, communicant (le bon mot au bon moment), en poste mais rapidement disponible, talentueux, suffisamment original mais pas trop, spontané et naturel (toujours, c'est un gage d'authenticité), intéressant, confiant et tellement positif, peu gourmand (financièrement surtout parce que là n'est pas le sujet de l'emploi), engagé (alors là, j'aimerais que l'on m'explique...), collaboratif, leader naturel (et bienveillant), flatteur (un peu, mais dans l'élégance relationnelle), réactif, légèrement impertinent et subversif, distrayant (pour égayer les TL), libéré, bien dans sa peau, doué... toute une panoplie de qualités et d'attitudes renforcées par l'immédiateté et l'émergence du recrutement via les médias sociaux... 

Wow, beau spécimen de candidat, vous ne trouvez pas ? Vous voulez mon sentiment ? On est mal barrés, candidats et recruteurs. 

Je lis de ci de là que si l'expérience du recrutement est aussi mal vécue par le candidat, c'est probablement de sa faute, postulant n'importe comment, peu engagé, ne se servant pas suffisamment des réseaux sociaux, etc, etc... 

Seulement voilà, à force de raconter tout cela en conférence ou de l'écrire aussi régulièrement, on l'agrandit ce fameux fossé entre le candidat et le recruteur. Comment voulez vous qu'un candidat puisse s'exprimer sans pression et naturellement lorsque l'on attend autant de lui (pour le placer dans un "vivier" entre autres). Quel engagement sincère peut on attendre d'un candidat quand les attentes exprimées un peu partout sont si radicales ?  

Personnellement, je trouve que l'on frôle les limites de l'insupportable à tant exiger des candidats, que l'on touche au domaine de la maltraitance, de l'humiliation et de la stigmatisation, que nous ne sommes pas prêts de réconcilier l'entreprise et la société à force de ne se concentrer que sur le recrutement des "talents" purs. Encore une fois, très rares sont les personnes capables d'aligner les qualités ou aptitudes ci-dessus, en revanche très nombreux sont les candidats exceptionnels souvent actifs (j'entends par "actifs" : en recherche d'emploi parce qu'il y en a marre de l'intérêt des recruteurs pour les candidats passifs !) qui ont juste besoin d'être respectés et considérés pour faire connaître leurs talents. 
Chers candidats, à la lueur de ce que je peux lire de plus en plus, un seul mot d'ordre, soyez malins !


À méditer

"Ce n'est pas ce qui nous arrive qui nous trouble, c'est le jugement que nous portons sur ce qui nous arrive."
Épictète

Je suis un employé moyen, et vous ?


Je diffusais récemment un article paru sur l'Express en Belgique dont le titre m'a profondément heurté : 'Nous sommes arrivés à une ère où l'on ne peut plus se permettre d'être un employé moyen'. Cet avertissement apocalyptique sonne comme un coup de tonnerre, nous sommes condamnés à l'excellence pour ne pas rester sur le bas côté, misère et déchéance à ceux qui ne sauront pas évoluer...

Cette idée, reprise par quelques leaders d'opinion (mais aussi par des chefs d'entreprises dites libérées) semble entrer dans les moeurs, se banaliser pour que finalement, l'on admette que l'excellence devient la norme. L'excellence dans le service, dans la prestation intellectuelle, dans la rapidité d'exécution, le travailler plus ayant atteint ses limites, on rentre dans l'ère du travailler mieux.

Intellectuellement, je peux comprendre (avec pas mal d'efforts) cette nécessité d'évoluer individuellement pour coller à une réalité (souvent virtuelle tout de même) galopante, haletante dont personne ne sait où elle nous mènera. En gros, changez, changez vite pour suivre les transformations inéluctables d'un monde dont on ne maîtrise pas grand chose... sauf quelques uns, ceux qui sont encore meilleurs qu'excellents.

Philosophiquement, je m'interroge... Est-ce là le type de société dans laquelle nous souhaitons vivre,  une société qui rejette ceux qui ne sauront ou ne voudront pas s'adapter à un rythme effréné qui n'est pas le leur, un rythme court faisant voler en éclat les théories de Kondratiev, une société qui m'annonce que mes enfants seront écartés impitoyablement s'ils ne rentrent pas dans ce moule de l'excellence (moi qui les pousse à être de véritables rebelles, j'ai tout faux). Et puis entre nous, c'est quoi "moyen", être un employé "moyen", moyen par rapport à quoi, à qui ? Je vois là une forme d'ostracisme particulièrement chère aux fascimes de toute sorte, "toi tu es ok, toi, mets toi sur le côté, tu ne conviens pas à notre modèle...".

Bref, ce type de pensée me fait froid dans le dos, une dérive sectaire, discriminante dont les contours me paraissent tellement flous qu'ils semblent nous oublier, nous, pauvres moyens. Seth Godin, nous somme de changer rapidement, de nous remettre en question et travailler, encore et toujours mieux. 
Soit, mais dans quel but ? 
- Celui de la survie, résister aux sombres années qui nous attendent, faire partie des rares élus qui sauront profiter ou naviguer dans un système en faillite ?
- Celui de conserver coûte que coûte un système dont très peu profitent ?

Je vous souhaite à tous de faire partie de ces élus, mais entre nous, lorsque la société propose un modèle de survie plus que d'accomplissement, je crois qu'il est grand temps de se poser la question du "pourquoi" et de remettre en cause, non pas nos façons de travailler mais le sens de notre travail : avant de condamner le comment, pensons à bien identifier le pourquoi.

Enfin, je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec ce que j'entends de ci de là dans les sphères du recrutement, un candidat, en plus d'être excellent dans son métier doit savoir se faire remarquer et développer, d'une certaine façon, une compétence et aptitude à la vente ou au marketing... Un super candidat en somme, pardon, un excellent candidat! Je rejette cette vision, elle me semble dangereuse et porteuse d'injustices en tout genre, abandonnant à leur sort tous ceux qui n'auront pas la compétence marketing dans leur besace. Je crois à l'inverse que c'est au recruteur d'être excellent et de savoir détecter le talent "métier" d'un candidat.

En temps de crise, je suis plutôt porté par des notions d'effort, des efforts solidaires et certainement pas individuels. Alors plutôt que de subir le diktat des gourous en tout genre, je me dis qu'il reste aussi une option, celle du rejet de la société que l'on nous demande d'épouser.

Les grandes réalisations !


"La page blanche, la panne sèche, le vide sidéral, le néant... je n'ai aucune idée de ce que je pourrais raconter dans mon CV, surtout pour tout ce qui concerne les expériences professionnelles. "Insister sur les réalisations" qu'il dit l'autre ! Je n'ai aucun chiffre à communiquer, pas d'objectifs atteints parce que pas d'objectif tout court, rien de vraiment accrocheur, arghh, j'enrage, VDM" (cela fait longtemps que j'avais envie de le placer) !

Bon, pas de panique, encore une fois, la rédaction d'un bon CV n'est pas chose aisée et personne n'a envie de devenir expert en la matière. Pour commencer, posons nous la question suivante : à quoi peut bien servir cette satanée rubrique "expériences professionnelles" ? Que peut en attendre un recruteur ?

Je répondrais d'abord en mentionnant ce qu'il n'attend pas : de l'ennui et de la répétition, répéter inlassablement pour chaque emploi que l'on a - par exemple - managé tantôt 5 personnes, tantôt 6, ici 5 n'a pas grand intérêt en soi, enfin, pas de cette façon...

L'information qui semble la plus pertinente est celle qui met en exergue vos résultats, ces fameuses réalisations, toutes ces informations, soigneusement sélectionnées qui prouveront de façon irréfutable les deux points suivants :

- Qu'il faut forcément maîtriser les compétences décrites en début de CV - voir ici - pour avoir accompli une telle mission (ou atteint tels résultats);

- Que vous avez contribué au développement économique de vos ex-employeurs (et forcément du prochain...).

Vous vous efforcerez par conséquent de mentionner des faits qui mettent en valeur vos compétences (sans les renommer) et qui ont contribué directement ou indirectement à rendre vos anciennes entreprises plus performantes.

Bien entendu, vous aurez pour cela pris soin de rendre votre parcours intelligible, en présentant logiquement les étapes de votre carrière (voir ici et ), en ayant rappelé la taille de l'entreprise, son activité, tout ce qui permettrait au recruteur de se comparer, de se situer par rapport aux entreprises que vous avez enrichies ( lire ceci).

Nos expériences ne parleront au recruteur qu'à partir du moment où seront exprimées des réponses à ses attentes. Quelles sont ses attentes ? Non pas recruter une personne qui rentre dans les cases mais bien une personne qui saura le sortir d'une situation qu'il ne maîtrise pas.

Encore une fois, donnez lui l'occasion de comprendre que vos expériences sont la preuve concrète de réalisations, celles-là mêmes qui le tracassent aujourd'hui. Bon courage et n'hésitez pas à me solliciter !