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La famille et le chômage

L'épreuve du chômage


Perdre son emploi n'est pas anodin, ce n'est pas un évènement comme un autre... Il constitue pour beaucoup d'entre nous un traumatisme, une remise en question de son identité ou tout au moins d'une partie de son identité. Ne l'oublions pas, derrière chaque licenciement, chaque plan social, des familles entières vont être impactées dans leur vie de tous les jours. Pourquoi ce préambule ? Parce les statistiques ont leurs limites, elles nous préservent de la réalité,

être au chômage, n'en déplaise à certains commentateurs est une épreuve qui au delà de la perte de son revenu, ébranle la structure même de ceux qui y sont confrontés.


le chômage a un impact important  dans la vie de famille
Le chômage dans une famille

Parler de son licenciement à son conjoint

J'ai rencontré Alexandre, 37 ans, qui n'a pas réussi à annoncer immédiatement son licenciement à ses proches. Il est resté de longues semaines à camoufler la situation, n'osant aborder, n'y même reconnaître la perte de son emploi. Reconnaître et mettre des mots sur cette situation, c'est commencer à accepter plutôt que de lutter contre une réalité que l'on rejette. Le regret d'Alexandre est de ne pas avoir immédiatement exploré ce qu'il ressentait "une colère profonde mais aussi un sentiment d'injustice, quelque chose entre l'indignation et l'humiliation...". Ne pas en parler, dans son cas, revenait à entretenir l'illusion d'une situation à peu près sous contrôle, alors qu'au fond de lui, la peur de plus être en mesure "d'assurer le minimum" pour sa famille l'angoissait totalement, la peur de décevoir sa conjointe, de ne pas répondre à ses attentes...
Et pour vous, où se situe ce "minimum" ? Quel est-il exactement ? 

Bref, Alexandre, malgré ses airs joviaux, a décidé d'annoncer son licenciement, d'explorer ses ressentis et très vite, à envisager une autre organisation personnelle, au sein de la cellule familiale. Le chômage a un impact sur la famille, fatalement, il transforme les habitudes, éveille parfois quelques tensions dans le couple, l'un et l'autre se (re)découvrant sous un nouveau jour. Lorsque la situation de chômage est occultée, notamment dans une attitude de déni, alors le risque de tensions au sein de la famille vient alourdir une période déjà suffisamment délicate. Sa conjointe est restée distante pour ne pas l'étouffer, mais quelques allusions laissaient transparaitre son angoisse "est-ce que tu penses qu'il vaut mieux envoyer les enfants chez mes parents cet été ?"

Le chômage et les amis

Ce qu'a remarqué Alexandre, c'est sa tendance à se replier, petit à petit sur lui, de moins sortir, finances obligent, d'être moins enclin à recevoir ses amis, à se rendre à une soirée, échanger des banalités, un évènement au cours duquel il devra, pour la énième fois, raconter qu'il est au chômage, qu'il a des "pistes"... Du coup, il est assailli de conseils, tu devrais faire ci, faire ça, mais au fond Alexandre sait globalement ce qu'il devrait faire, il a juste perdu pour un temps son envie ou son énergie.. 
A ce stade, avant de commencer à envisager de garder le moral, je ne peux que vous inviter à réfléchir sur ce que vous détestiez dans votre ancien job, ce que vous ne regrettez pas afin d'entamer un travail de "désidéalisation" de l'emploi perdu. Listez ce que vous abandonnez avec plaisir... Gnarf gnarf...

Parler aux enfants 

Les enfants sont parfois écartés de ces questions de "grands", les parents décidant de cacher la vérité pour ne pas les inquiéter, pour ne pas prendre le risque que la nouvelle soit connue dans le voisinage, chez les parents de leurs camarades... Pourtant, ces mêmes enfants constatent que Papa reste la journée à la maison, ils en déduisent des évènements qui parfois n'ont rien à voir avec la réalité, imaginent le pire, la maladie par exemple... Il est donc important de dire clairement aux enfants la réalité du chômage, simplement, en envisageant tous les changements à venir. Par exemple les sorties, les moments réservés à la famille. 
Souvenez-vous, une recherche d'emploi s'inscrit également dans l'aménagement de plages horaires dédiées à la famille, l'organisation de vos journées. 

Ne l'oublions pas, les enfants, quel que soit leur âge, s'inquiètent du chômage de l'un de leurs parents. Et plus le chômage est occulté et plus la situation sera fantasme par les plus jeunes. 

Le soutien des parents

Ayant évoqué les plus jeunes, je pense également à la génération au dessus d'Alexandre : ses parents. Quel regard porteront-ils sur leur enfant adoré ? Ne lui renvoient-ils pas une image d'échec en assumant leurs conseils, en comparant leurs vies, qui décidément n'ont pas grand chose à voir ? 

Il m'arrive très souvent de recevoir des appels de parents inquiets pour leur fils ou fille au chômage "je veux l'aider, mais sans qu'il (elle) le sache". Ce soutien est primordial, en revanche, il risque de provoquer l'inverse de l'effet escompté. Soutenez vos enfants en les valorisant, en évoquant avec eux leurs innombrables qualités, en les honorant, pourquoi pas avec eux, au quotidien. En revanche, gardez les conseils pour vous, ils risquent de raviver un malaise, un mal-être d'enfance, une nostalgie d'autres temps, de placer à nouveau votre enfant dans une situation de dépendance, l'infantilisant totalement.

Le témoignage d'Alexandre m'a beaucoup touché, le chômage a des conséquences importantes sur le plan individuel. Chacun fait comme il peut pour rebondir et avancer en continuant à s'oxygéner, mais l'un des enseignements de cette expérience, c'est que la parole doit être libre. 
Il est essentiel d'exprimer, pas forcément en famille (qui n'est pas toujours préparée à l'exercice périlleux du soutien), tout ce que l'on ressent, de :

construire son cheminement, dessiner son projet de vie, en orientant toutes ses réflexions vers l'avenir, accepter la réalité de la perte de son emploi pour assumer et passer à l'action, sans être prisonnier de la blessure qu'elle a provoquée. 


De ce point de vue, je crois que vos conseillers emploi représentent d'excellents recours (dans la limite de leurs engagements et charge de travail), des associations comme solidarité Nouvelle, mais aussi des coachs (voir le dispositif demandeurs d'emploi que je propose dans le cadre d'une analyse de CV).

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