Le plaisir retrouvé de se lever chaque matin... Coach Emploi


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Des crayons et des carnets tout neufs

Les résolutions de la rentrée

C'est la rentrée ! Et croyez le ou non, je vous épargnerai un énième conseil sur les bonnes ou mauvaises résolutions, comment les formuler, les concrétiser ou vous dire qu'elles ne servent à rien... 

Je souhaite partager avec vous le plaisir que je ressens à chaque rentrée... Et ce, depuis mes trois ou quatre ans...  Ici, nulle allusion à mes objectifs, à la performance.. Non, il est juste question de sensations...

Vous souvenez-vous de cette odeur particulière, une senteur de cèdre sortant de votre trousse neuve protégeant tous vos nouveaux crayons de couleur ? Peut-être colliez vous une étiquette avec du scotch, lui aussi à l'odeur si spécifique, ou bien, un adulte entaillait-il le bois de vos crayons pour que vous puissiez écrire vos initiales, votre prénom avec un stylo bille...

Avez-vous encore à l'esprit le plaisir qui était le vôtre à placer un protège-cahier immaculé et encore rigide autour de vos carnets, de ces pages vierges, lisses, si douces au toucher. Quel plaisir d'écrire sur la première page, de sentir le grain du papier sous la paume et de s'appliquer, parce que le support est porteur de nous-même...

Le champ des possibles

J'ai toujours aimé les rentrées pour le seul plaisir de m'acheter des crayons neufs et de jolis carnets. Comme beaucoup d'entre vous, j'aime les carnets neufs, ils illustrent par leur lignes vierges les champs des possibles que je coucherai au gré de mes envies, de mon énergie...  Mais je me suis rendu compte d'une chose, ma motivation est toujours maximale lorsque j'utilise des outils, des stylos qui me plaisent... Rien qu'à écouter le son d'une plume courant sur le papier, je serais capable d'écrire des pages et des pages. Mais que pourraient-elles contenir ces pages ?

Rien et tout à la fois.

Ecrivez, dessinez, les bonnes résolutions apparaitront d'elles-mêmes
Carnet de travail d'Elisabeth Couloigner


Se connaître par l'écriture et le dessin

Imaginez-vous devant le carnet le plus neuf et élégant qui soit, tenant à la main, un crayon absolument confortable, demandez-vous ce que vous pourriez faire de toutes ces lignes qui n'appartiennent qu'à vous... Je vous propose trois applications distinctes :

- Écrire chaque matin, vos rêves, vos envies du jour, vos fantasmes, vos craintes, votre colère ? Pensez bien à ceci : "tout ce qui ne s'exprime pas, s'imprime..." Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Jacques Salomé. L'écriture du matin, c'est le nettoyage de la tuyauterie neuronale, se débarrasser de tout ce qui encombre pour révéler ce qui compte... C'est la "douche du cerveau" selon Julia Cameron, le fait d'écrire automatiquement tout ce qui vous passe par la tête sur 3 pages, avant même de vous mettre en mouvement sur la journée.

- Dessiner, croquer, reprendre une expression artistique, laisser libre cours à votre créativité, celle qui ne répond qu'à l'énergie vitale qui est en vous ? Et si vous dessiniez chaque jour ce qui vous entoure ? Que pourriez-vous découvrir ? Qu'aimeriez-vous approfondir, observer, détailler ?

- Noter avec joie et gourmandise tous les plaisirs accumulés au fil des journées, ces beaux sourires échangés, un rayon de soleil, une rencontre, une expérience, une sensation gorgée d'énergie, aussi futile, furtive, instantanée soit-elle... Peut-être serez vous tenté de vous imprégner de tout ce qui est bon pour vous, de retenir vos 50 trésors, d'intérioriser ce qui vous sert, de prolonger les expériences et par conséquent, d'entretenir délibérément le bien-être, en toute intimité, pour vous. Au passage, vous renforcerez votre système immunitaire et cardio-vasculaire... C'est toujours cela de pris, non ?

Visualiser son succès

Contempler ses cahiers neufs, s'imprégner de l'odeur de crayons, de plastiques, des gommes chimiques, c'est aussi, se projeter, se voir les utilisant, déployant avec talent l'ensemble de ses compétences d'organisation, de fluidité dans la réalisation de ce que vous avez décidé de faire... Imaginez-vous en train d'écrire, de la façon la plus écologique pour vous, observez votre attitude, votre sourire peut-être, entendez le bruit des pages que vous tournez au gré de votre rythme, ressentez ce que vous parvenez à exprimer, à construire, comme cela vous aide, vous structure au quotidien. Constatez comme vous avancez de façon spectaculaire dans vos projets professionnels et personnels, la clarté que vous avez obtenue en écrivant, en dessinant aussi régulièrement avec vos beaux crayons tout neufs...

N'est-il pas vrai qu'écrire est une première étape très concrète, de transformation d'une idée, d'une envie en une réalité, celle que contiennent vos pages remplies ?
Ah oui, j'oubliais, en écrivant vos projets, vous augmentez considérablement vos chances de les concrétiser... Alors dites-moi; à défaut de résolutions de rentrées, quels genres de cahiers, de crayons vous stimulent-ils ? Et que pourriez-vous bien faire  de ces magnifiques outils ? À vos plumes ! Sky is the limit :)


Collectionner les vents

Collectionner les vents


Savez-vous ce que je collectionne depuis tout petit...? Les vents. Oui, je suis un collectionneur de vents et j'en ai fait mon métier... J'en entends certains rire sous cape et pourtant, aussi loin que je me souvienne, les vents, quels qu'ils soient m'ont toujours fascinés.

une activité que je vous encourage à développer
Collectionner les vents

N'avez-vous jamais ressenti la présence tangible de cet invisible souffle sur votre visage ? Etonnant comme ce qui ne se voit pas, ce qui ne se sent pas produit un effet palpable, concret sur tout ce qu'il touche.
L'invisible est bien plus fort que ce qu'il laisse supposer
Le vent est varié, forcément unique. Il existe par la différence, le contraste, l'écart entre deux mondes, deux températures généralement. Il existe par une mécanique implacable, rigoureuse, une perte d'équilibre qui le met en mouvement, une forme de rupture. J'aime cette image, c'est l'équilibre vacillant qui créé le mouvement nommé "vent".

Aventure personnelle 

Les vents sont uniques par leur intensité, du souffle murmuré à la bise léchée en passant par la puissance de la tempête. Selon son humeur, ses capacités, il varie, se transformant en douceur rafraichissante ou bien en furie que rien n'arrêtera. Nous le nommons de façon poétique, imagée, légendaire, du Diablo californien à l'Harmattan sec africain, des noms qui font voyager... et le voyage, quel qu'il soit, est toujours l'aventure personnelle.

Le vent est porteur d'aventures, de mouvements.. c'est en cela qu'il mérite d'être collectionné. 

Bien entendu, par collection, n'imaginez que je le bloque dans un bocal, non, il mourrait aussitôt... Quoique, j'ai écrit sur ce thème une nouvelle courte : "le gardien" chez Short édition. Non, ici, l'idée de la collection, c'est de le reconnaître, de sentir en lui toutes les nuances dont il est chargé, son histoire, son intensité, sa destination...
Aussi impétueux que changeant, rien ne peut apprivoiser le vent, sauf un courant d'air disparaissant au claquement d'une porte. Ne vous êtes-vous jamais posé la question de savoir quel était le parcours suivi par ce vent en provenance de la mer, cet air rempli des embruns qu'il a collecté au fur et à mesure de son périple ?
Qu'a rencontré ce vent glacial balayant les rues de New-York en plein hiver, cet autre souffle chaud venant du Sahara et transportant avec lui des tonnes de sable rouge ?
Ne vous demandez-vous pas quels paysages il a caressé de sa transparence, quels pollens a-t'il emporté avec lui...?

Le vent existe parce qu'il me touche, parce qu'il n'est que mouvement et ce contact me livre la richesse de son chemin, de son expérience.

Que faire du vent ?

Que peut-on faire de ce vent collectionné... Tout d'abord, s'en nourrir, ouvrir la bouche et goûter ses épices, ses pollens transportés, ces âmes véhiculées. Se nourrir de son expérience et la laisser nous envahir. Le vent est chargé de tout ce qu'il a touché et j'aime imaginer qu'il emporte aussi une partie de moi vers d'autres cieux, vers d'autres collectionneurs, vers d'autres horizons.

Au fond, qu'emporte-t'il de nous, quel pollen invisible transporte t'il sur des distances improbables ?
Qu'aimeriez-vous qu'il retienne de votre personne pour le partager partout où il volera...? 
Peut-on imaginer que ce qu'il retient de nous et délivre sur son périple puisse aussi germer quelque part, un souffle d'âme qui se répand par le mouvement du vent...

Fort heureusement pour le collectionneur, le vent s'observe de différentes façons, sous différents angles : 

  • Le plus évident mais pas toujours le plus simple, c'est de lui faire face, debout, courageusement, en observant objectivement tout ce qu'il contient, tout ce qu'il procure... Peut-être sera t'il dur de rester droit mais à tout moment, un répit est possible.
  • Le plus souple consiste à se plier sous le vent et l'observer par derrière, le regarder partir, longuement pour un jour, peut-être lui faire face et le voir arriver.
  • Enfin, la troisième méthode, celle que je préconise, celle du collectionneur averti, c'est d'utiliser ce vent comme d'un moteur pour se mettre à son tour en mouvement, à l'image d'une voile s'emplissant d'un souffle salvateur. Un vent que l'on peut observer depuis son mouvement est toujours plus serein, c'est alors qu'il livre toutes ses légendes personnelles...

Vous l'avez compris, les collectionneurs, c'est nous tous. Le vent, c'est le mouvement, notre propre  mise en mouvement, le passage d'un avant à un après, la richesse d'un contraste, d'une décision. Je vous souhaite que le vent vous porte là où vous pourrez vous délecter de ses richesses. Haut Les Coeurs !

Lire aussi :
- L'hirondelle qui murmurait à l'oreille des hommes

La fin de l'écriture cursive ?

Vous l'avez certainement lu, entendu, l'écriture cursive est peut-être en train de disparaître... Nous faisons dorénavant partie de ces dinosaures, ces ancêtres poilus (voir plus bas) qui gardent le réflexe d'une prise de notes volée et jetée sur un morceau de papier

Cette idée me rend perplexe, pour ne pas dire triste. Que l'on soit un jour, incapable de graver son prénom avec celui de son amoureux sur le tronc d'un arbre, d'écrire une citation sur les murs des toilettes ou de s'amuser à dessiner un message sur le sable, l'abandon de l'écriture m'apparait d'abord comme un attentat à la créativité et à la poésie... Bien sûr, je sais bien qu'un SMS rédigé en Novlangue relève parfois parfois d'un style post-moderne; mais quand même, ça compte la poésie, ces petits instants suspendus à des mots posés, réfléchis et soupesés à l'allure d'un souffle fragile. 


Que l'écriture cursive ne soit plus enseignée me gêne, je n'aurais probablement pas le plaisir de lire une lettre manuscrite de mes petits-enfants, et eux, ne connaitront pas le bonheur de recevoir un courrier parfumé, une missive enflammée,  de lire une déclaration qu'ils pourront précieusement conserver dans un portefeuille durant plusieurs années. Mes carnets de voyage resteront fermés et inaccessibles, privant leurs lecteurs de témoignages d'autres mondes, d'aventures émotionnelles et de rencontres épiques. C'est comme cela, je dois me faire une raison...

Les petits mots de mes enfants, les lettres de ma femme, de mes grands-parents, de ma famille, de mes parents, amis sont mes trésors... Bien plus que je ne sais quel sms, e-mail m'annonçant une fantastique nouvelle. J'ai précieusement conservé les enveloppes, les papiers vieillis gardent le sillon d'un pliage, d'une attention, d'un temps que d'autres m'ont accordé, un temps relatif, qui dure plusieurs années, un temps pendant lequel ceux que j'aime posaient des mots qui aujourd'hui encore me touchent, physiquement, comme ces lettres que je tiens dans ma main...

le drame de l'abandon de l'enseignement de l'écriture manuscrite dans certains pays
Un mot en attaché...

Oh, bien sûr, il y a bien longtemps que je ne reçois plus de lettre - à part bien sûr les lettres de motivations ! A part en fin d'année, une petite carte de voeux... et encore ! L'écriture, même si elle ne voyage plus, reste pourtant le vaisseau le plus formidable qui soit pour se lancer dans l'aventure personnelle d'une exploration au long cours, celle de sa propre personne. Ecrire, c'est poser le monde, son monde et l'observer sous toutes ses coutures. L'écriture cursive prend alors la forme de collines et de vallées, de pics et de nuages, le paysage de pensées aussi subtiles que personnelles... 

Cette écriture cursive fait de nous des artistes, traduisant le monde des rêves en une réalité chahutée, empreinte et gravée pour l'observer dans un temps coupé et interrompu. Avez-vous remarqué comme l'écriture stoppe l'écoulement du temps, comme elle renforce le sentiment de présence, comme si l'encre prolongeait notre expérience physique pour honorer le mouvement de notre main et le célébrer pour l'éternité.
Je ne connais pas mieux que l'écriture pour prendre de la distance, discerner, réfléchir... dans plusieurs dimensions, que dis-je, dans toutes les dimensions... Alors si plus personne n'apprend à écrire de façon manuscrite, ces dimensions resteront bien ternes, exprimées en caractères binaires. Ceux qui se souviennent garderont le privilège de voyages insensés, ceux qui nous rapprochent tant de nous, de nos sentiments, de nos émotions, de nos sens...

Je ne sais pas s'il s'agit d'un progrès de l'humanité de savoir aller vite, de ne rechercher que le plaisir à consommer, se concentrer uniquement sur "l'essentiel", de stocker des informations selon les modèles bien pensant... prendre des notes, pour quoi faire du reste, quand wikipédia se souvient de tout à notre place, tout est tellement plus simple quand il s'agit juste d'aller chercher l'information là où elle se trouve... L'écriture cursive, c'est le cimetière des éléphants, les idées, les concepts y retournent pour que l'on garde, tous, quelque part, une trace, un endroit dont nous connaissons intuitivement l'existence, c'est peut-être là que se crée la mémoire collective, celle qu'ont perdu, petit-à-petit les habitants de Macondo

Nos ancêtres les plus anciens faisaient preuve de créativité et d'abstraction
Dessin par un homme de Néandertal


Quel rapport avec le coaching emploi...? Me direz-vous... 
Puisque je considère l'écriture cursive comme un véritable moyen d'explorer ses propres territoires, connus et inconnus, nous retirer cette liberté en détruisant sa transmission et son enseignement, nous prive d'un droit fondamental... penser et agir par nous-même, sans obéir à aucun cadre, retrouver le pouvoir créateur par l'écriture, le pouvoir de décider quelles intentions nous manifesterons dans nos vie uniques...
A vos stylos !

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