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Chimère relationnelle : "l'autre pense comme moi"

"J'en ai marre de ce mec, il n'a toujours pas compris que j'attends autre chose d'une relation…". Aïe, voilà un couple qui semble bien fragile, des relations difficiles et frustrantes entre adultes responsables. Cela vous rappelle quelque chose ? Pour ma part, cela me renvoie à quelques disputes (rien de grave, je vous rassure !), reprochant à l'autre de se comporter d'une façon inadaptée, répondant si peu à ce que j'imaginais comme étant bon pour notre (surtout le mien) fonctionnement, notre (surtout le mien) épanouissement.

Seulement voilà, je me surprends à attendre de mon conjoint qu'il devine ce que j'ai imaginé, ce que je pense, et alors là, évidemment, je ne connais que la frustration et la colère. Par quel miracle, la personne étant en face de moi (mon conjoint, mais aussi mon collaborateur !…) pourrait elle deviner la teneur de mes pensées, de mes attentes, si à aucun moment, je ne lui exprime clairement… Voilà le drame de bien des échanges tronqués, des jugements catégoriques : 

"je juge celui qui est en face de moi comme étant incapable de répondre à mes attentes et de satisfaire mes besoins"

Nous projetons toutes nos attentes et besoins chez les autres
Chimère relationnelle : "l'autre pense comme moi"

L'autre, mon conjoint, mon collègue,  devient le seul responsable de mon insatisfaction, je l'assomme de critiques acerbes (ou de pensées assassines- gnarf, gnarf), histoire de le réveiller un peu et de lui faire prendre conscience de mon malheur, peut-être réagira t-il… s'il m'aime vraiment (ou s'il comprend combien je suis important)…
A cet instant, tout ce qu'il entreprend est scruté, passé au laser. Je me concentre uniquement sur ses actes, sur ses manquements, sur tout ce qui me sépare au quotidien de mes besoins.

Le besoin n'est pas une valeur. Le besoin nous met en contact avec ce qui manque, intimement, qu'il soit primaire ou secondaire. Tout est question d'intensité, selon l'environnement de la personne, selon notre fragilité aussi.  
Nous avons cette fâcheuse tendance à projeter nos attentes sur les autres, imaginant qu'ils sont animés par les mêmes besoins, notamment relationnels. Je lisais récemment une célèbre étude de Lee Ross démontrant que nous imaginons très, trop, facilement que nos interlocuteurs pensent de la même façon que nous. Cela s'appelle "l'effet de consensus", nous évaluons la conduite des autres à partir de notre propre attitude ou de nos attentes.

Pourtant, nos besoins ne sont pas tellement différents d'un individu à l'autre, nous avons tous besoins de boire, manger, de nordir notre affectivité, etc, etc… (la liste des 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson est ici), ce qui varie entre nous, c'est l'intensité, la forme de nos réponses, de nos cultures et bien souvent, les ressemblances dissimulent complètement les nuances si chères à nos attentes les plus intimes. 
Le dernier point qui pimente la satisfaction de nos besoins, relationnels notamment, c'est que ces derniers fluctuent ou évoluent en fonction de nos expériences personnelles, en fonction de la satisfaction d'autres besoins vitaux (le fait de ne pas avoir peur de mourir de faim par exemple, ou d'avoir un toit sur la tête, permet de se concentrer davantage sur la satisfaction d'un besoin affectif ou relationnel ou encore culturel… Le passage au besoin supérieur ne me parait pas automatique mais disons que l'environnement agit beaucoup sur son intensité).

Selon Marshall Rosenberg, un bon moyen de casser le cercle vicieux de la relation accusatrice, consiste à savoir exprimer :
a- ce que l'on ressent : "je me sens triste…" parce que le ressenti est le nôtre et qu'il n'est pas systématiquement partagé (eh non, le monde n'est pas à notre image !).
b- … à telle occasion : "lorsque je vois que tu n'as pas sorti la poubelle…". Bien distinguer ce qui déclenche le ressenti négatif
c- … puis à exprimer ses attentes, ses besoins : "parce que j'ai besoin de vivre dans une maison propre…" ou "parce que j'ai besoin d'un partage des tâches plus équilibré…", ce besoin là, cette attente est la cause du ressenti négatif, et cette cause nous appartient totalement, pas à l'autre.

Pour résumer, et cela vaut autant dans nos relations personnelles que professionnelles, arrêtons de penser que tous les autres voient le monde comme nous et apprenons à exprimer nos attentes, nos besoins car eux-mêmes sont la seule cause d'un malaise personnel. 
Enfin, si les attentes de l'un et de l'autre ne sont jamais comblées au sein d'un couple, ou dans son emploi, peut-être envisager de mettre un terme à une relation peu épanouissante ! Mais là est un autre sujet !

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