Le plaisir retrouvé de se lever chaque matin... Coach Emploi


La santé de l'entreprise passe d'abord par celle se son dirigeant

Je viens d'apprendre une triste nouvelle, le décès d'un dirigeant d'une petite entreprise dans un accident de la circulation, entraînant par la même occasion la fermeture inéluctable de la société et le licenciement d'une quinzaine de personnes. Pas très gai tout cela. 

Pourquoi cette introduction ? Parce que je trouve que les responsables d'entreprise, notamment les plus petites, font preuve d'irresponsabilité en jouant à ce point avec leur santé, leur énergie, engageant un véritable bras de fer avec leurs limites physiques et morales. Beaucoup de mes clients sont des personnes qui "n'ont pas le temps", qui courent constamment, écrasés par la charge de leur activité, l'engagement disproportionné qu'ils investissent dans leur entreprise. Aucun répit, une galopade constante les éloignant de toute baisse de rythme, des réponses aux mails le soir, des rendez-vous organisés par leurs assistants, la gestion du personnel, l'inquiétude du carnet de commandes s'effritant dangereusement, la volonté de transmettre un patrimoine réduit au fond de commerce chancelant… Le poids de la responsabilité solitaire parfois difficile à assumer. 

mise en danger de l'entreprise par la mauvaise santé de son dirigeant


Henry Ford affirmait que les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan de l'entreprise : sa réputation et ses hommes, j'ajouterais qu'une troisième est primordiale : la santé de son dirigeant dont dépend directement sa pérennité et son avenir. Pourtant, nous connaissons tous ces responsables qui, tard le soir, règlent les affaires courantes de la société, emportent avec eux leur lot d'insomnie, de stress, négligeant les examens de santé, organisant des traversées de l'hexagone durant la nuit pour optimiser leur journée, nous connaissons tous ces managers qui préfèrent avaler un sandwich en voiture, ingurgitant des hectolitres de café… Ceux qui tous les matins campent à Orly pour prendre le premier avion..
On s'intéresse beaucoup, à juste titre, à la santé des salariés, leurs conditions de travail, leur état général, je constate au quotidien, que peu s'intéressent à la santé des dirigeants d'entreprise, notamment celles qui comptent peu de salariés.

Les bourreaux de travail nuisent à la santé de l'entreprise mais les dirigeants qui tirent sur leurs limites physiques et psychiques mettent carrément la survie de leur société dans la balance. Un pépin de santé et l'entreprise ferme. Sous cet angle, vous serez peut-être d'accord avec moi pour reconnaître que le capital le plus important de cette dernière devient donc la santé de son dirigeant.

Coach emploi, je travaille au quotidien avec des responsables d'entreprises dont le principal leitmotiv de nos premiers entretiens est "je n'ai pas le choix". Au cours de nos échanges, ils acceptent de poser leur cuirasse pour prendre un peu de recul et reconsidérer leur rythme, leur santé, leurs relations aux autres, leur relation au travail, au sens de la responsabilité, ils déterminent souvent qu'une existence d'autres choix est envisageable… mais surtout, ils apprennent à apprécier leur relation à eux-même, acceptant l'idée de poser quelques limites personnelles pour renouveler une énergie non durable. Un coach, ça sert aussi à faciliter cette prise de distance. Vous sentez-vous concerné par ce rythme incontrôlable ? Faites rapidement un point, il se peut qu'au delà de votre santé, vous ne mettiez irrémédiablement votre entreprise en danger. Contactez moi au 06 51 75 66 05.

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L'art du compliment et de l'encouragement

Fut un temps, pas si ancien du reste, je regrettais amèrement de ne pas recevoir de signes d'encouragements, de produire de nombreux efforts, d'atteindre certains objectifs professionnels et de ne provoquer aucun  témoignage de reconnaissance… Alors quand parfois je recevais un compliment, je ne boudais pas mon plaisir et me retrouvais galvanisé pour plusieurs semaines, heureux d'avoir suscité une attention, motivé comme jamais à l'idée d'avoir produit un effort particulier dont mon entourage en mesurait l'importance. 
Une véritable joie qui n'était pas forcément provoquée par ma hiérarchie (rarement du reste, surtout les dernières années de salariat) mais davantage par mes collègues, collaborateurs, amis, relations et bien sûr ma famille…

Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez reçu un mot d'encouragement ? Une attention, une reconnaissance, un clin d'oeil, comme ça, juste pour vous, rien que pour vous ? Vous souvenez-vous de l'effet produit ? De la gratitude ressentie, de la motivation décuplée, de l'envie de continuer malgré les épreuves ? C'est dingue comme un compliment peut transformer notre action et nous faire oublier les difficultés, vous ne trouvez pas ?

générer un sentiment de gratitude et de bien-être en complimentant les autres

Maintenant, je vais vous poser une autre question : à quand remonte le dernier compliment sincère que vous ayez adressé à un collègue, à votre chef, votre conjoint, un membre de votre famille ? Vous souvenez vous d'avoir rédigé une carte, comme ça, pour encourager, ou bien d'avoir laissé un message téléphonique, pour remarquer ce qui a été réalisé, pour souligner votre admiration sincère… Attention, je ne parle pas uniquement de remerciements, mais juste un mot, une parole positive, une reconnaissance de ce qui a été fait, une appréciation…

Quel genre d'encouragement envoyer ? C'est très simple, toute amélioration, tout effort, tout ce qui vous touche sincèrement mérite d'être souligné, encouragé et faire l'objet d'une reconnaissance :
- Un e-mail à votre conjoint pour lui rappeler combien il était élégant ce matin,
- Un mot au service des ressources humaines qui vient de batailler dans un dossier important,
- Une phrase prononcée lors d'un discours d'entreprise visant à encourager et souligner les efforts constants et vitaux des services support (comptabilité, logistique…)
- Un encouragement à votre (grand) enfant qui passe un examen important ("Je crois en toi")
- À un ami en difficulté, "je pense à toi, tu vas t'en sortir…"
- Un mot au recruteur qui a éliminé votre candidature en short list

Inutile d'être insistant de répéter le message mais juste remarquer, acter, c'est témoigner de l'importance que l'on accorde aux autres, c'est sortir du dogme ridicule, étriqué et finalement destructeur que la norme se situe uniquement dans l'accomplissement et la réalisation parfaite d'une tâche. Non, ce n'est pas que normal de bien faire une chose, ce n'est pas banal à partir du moment où cela nous touche alors ce caractère exceptionnel mérite bien d'être honoré d'un encouragement  et de nous faire entrer dans l'espace de ceux qui pensent qu'une vie ensoleillée est bien plus agréable qu'une autre grincheuse….

Petit exercice pratique, efforcez vous de complimenter trois personnes aujourd'hui, votre boulanger pour ses pains au chocolat, une hôtesse d'accueil pour sa gentillesse, votre conjoint pour l'excellent repas qu'il a préparé… chiche ! Au delà du plaisir que vous provoquerez, je pense que, d'avoir fait du bien, peut contribuer à vous rendre plus heureux… Et vous n'avez pas idée à quel point cela compte à mes yeux :)

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Rendez-vous avec l'Artiste

Depuis quelques années maintenant, j'ai développé une habitude particulière, celle de me laisser porter par des journées dites "off" au cours desquelles je prends rendez-vous avec moi-même. Une journée complète sans rendez-vous, sans planning, sans aucune contrainte… rien que pour prendre le temps de prendre mon temps. Ces journées apparemment oisives sont le berceau de toutes mes idées d'activité, de billets, de conférences, de formations. En relevant la tête, je m'offre les meilleures opportunités de développement de mon activité.
Du coup, je répète cette opération 6 fois dans l'année en ouvrant mon agenda et choisissant totalement au hasard, six dates, aléatoires, que je m'engage à libérer de tout rendez-vous, de tout déplacement professionnel. Un tête à tête avec moi, dans un cadre souvent différent de mon bureau.

Gérer son temps

Savez-vous ce que je fais de ces journées là ? Rien, enfin si, je ne fais que des choses qui me sont agréables. Je marche beaucoup, souvent au bord de la mer, j'écoute de la musique, prends le temps de flâner dans une librairie, jetant un coup d'oeil gourmand aux titres nouvellement parus. Je me régale de me laisser porter par les évènements, ayant pris le soin de prévenir mon entourage que ce jour là, je m'interdis de courir…

Cette journée est souvent connectée à l'extérieur, à la nature. Je peux me promener en ville en favorisant la marche ou le vélo, je me passe de la rapidité, je rencontre mon corps et me sens libre, anti-conformiste, vivant selon mes règles, mes aspirations. 1001 idées traversent mon cerveau, certaines se réaliseront dès mon retour. La journée "off" est le rendez-vous que je m'offre avec le créatif, l'artiste, le marginal, le poète qui sommeillent en moi. Flâner est mon luxe, un temps fragile, ou tout n'est qu'équilibre entre mon corps, ma tête et mes émotions… Ces journées entretiennent l'enthousiasme, ce "Dieu intérieur" si cher à Victor Hugo, elles produisent souvent l'inattendu, de nouvelles perspectives, un autre possible qu'il m'était peut-être impossible d'observer sans relever la tête, sans prendre le temps de me centrer sur ce qui procure un bien-être évident, souvent solitaire… 

Lorsque je "réserve" ces journées, parfois longtemps à l'avance, souvent lorsque je viens d'acheter mon agenda tout neuf, je ressens un profond sentiment de maîtrise et de liberté, l'occasion rêvée de ponctuer un bouillonnement de rencontres, d'opportunités par une forme de refus affirmé de me laisser envahir par des habitudes parfois négatives. Je n'imagine rien d'autre que l'état de lenteur, de contemplation qui sera le mien ces journées là, un rythme adapté, totalement agréable, parce que différent, en marge de mon rythme habituel. Un instant à part, dans lequel je recadre ma réalité, l'observant sous différents angles, car la façon dont j'observe une difficulté, un problème contient très souvent le problème même… Je m'inspire de ce que j'observe, ce que je sens, touche, le vent sur mon visage, l'odeur de la terre, des arbres, de la ville… Une journée oisive est une journée métaphorique, inspirante, l'ouverture sur de nouvelles images, de nouveaux mots également qui me permettent de bâtir de nouvelles croyances aidantes. Admettre une autre réalité par une observation d'une situation sous de nouveaux angles, libres, non contraints revient également à choisir un mode de pensée, une nouvelle façon de construire sa vision de l'instant, créant par la même occasion des perspectives d'actions, de changements éventuels, d'amélioration en tout cas.

Et vous, à quand remontent vos journées "Off" ? Quelles actions, décisions avez-vous prises grâce à ces rendez-vous avec vous-même ?

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Pire que la peur de l'échec, craindre la réussite...

L'échec est à la mode en ce moment ! Pas un article sur le sujet qui ne fasse l'apanage de l'erreur, celle qui permit à tant de célébrités de peaufiner, améliorer leur démarche et venir à bout, lentement certes, de tous les obstacles possibles et imaginables. Vive l'échec nous dit on à longueur d'articles… Comme si nous étions majoritairement concernés par la peur d'échouer.

Pourtant, à bien y regarder, dans une société qui place la réussite au sommet de l'accomplissement humain, nous sommes nombreux à concevoir l'utilité de l'échec tant qu'elle nous permet de rebondir. L'échec devient expérience et ne constitue pas, ni d'un point de vue intellectuel ni émotionnel, un frein aussi redoutable que cela… et pourtant, nos projets n'avancent pas comme nous le souhaiterions.
Et si, davantage que d'échouer, vous aviez peur de réussir… Et si nos freins intérieurs étaient provoqués par la peur d'un succès ? Etrange non ? Nous sommes tellement repus de messages nous indiquant que le succès est LA mission de notre vie, qu'il nous est totalement naturel de penser que le succès est forcément bon pour nous, qu'il répondra favorablement à nos besoins, nos demandes, notre attente de la vie…
Bien entendu, chacun donne la définition qu'il souhaite au mot succès. Pour certains, l'aspect financier sera prépondérant, pour d'autres, une vie pleine de sollicitations, de visibilité, de reconnaissance, de responsabilités parfois… La définition du succès n'appartient qu'à vous et pourtant, elle revêt souvent les couleurs d'une vie facile, aisée sans contrainte et répondant aux standards de la publicité.
Imaginez, le jour où vous aurez réussi… Imaginez les changements que ce succès (encore une fois, la définition de ce mot vous appartient entièrement) engendrera. Ça donne envie, non ? Et malgré tout, ces images ne suffisent pas à maintenir la motivation à son comble, nous enfermant alors dans toutes sortes de prétextes, dont, le plus largement utilisé, celui de la peur de l'échec.

Craindre la réussite
Sympa mais différent de ma maison d'aujourd'hui !
J'ai utilisé un mot magique : le mot changement. Même s'il s'agit d'un changement positif, l'idée de modifier un style de vie, de se transformer - parce que oui, les évènements de la vie, les plus sombres comme les plus formidables, modifient en permanence notre façon de voir le monde… et d'être dans ce monde - peut créer un certain nombre de blocages. Chaque évènement nous transforme un peu… Alors que dire d'évènements appelés réussites ! Alors oui, nous recherchons une certaine forme d'accomplissement, de réussite mais le changement nous effraie, l'inconnu inquiète. Savez vous ce qui est inquiétant dans l'inconnu ? Rien, si ce n'est de lâcher le connu, cette fameuse zone de confort, parfaitement maîtrisée, même si elle constitue une zone totalement désagréable. La zone de confort n'est pas toujours agréable mais au moins, on sait à quoi s'attendre !
Et puis, imaginons ce fameux succès, n'est-il pas effrayant de penser qu'il pourrait disparaître du jour au lendemain ? Une autre forme de changement, tout aussi anxiogène...

En coaching emploi, nous ne travaillons que sur cette notion de changement, celui qui est motivant, bienveillant, bon pour vous, votre environnement. Lorsque vous aurez validé une stratégie, ramolli vos inquiétudes, testé quelques solutions, alors je vous demanderai : quelle est maintenant votre décision ? Mettre en oeuvre votre projet de vie en atteignant vos objectifs ou bien continuer de rêver en regrettant que ce sont toujours les mêmes qui parviennent à leurs fins.



Je n'aime pas les tests de personnalité, et je n'y crois pas un seul instant

J'ai tous les âges de la terre


"Je suis capable de tout, du meilleur comme du pire, je possède une multitude de facettes, tout et son contraire. J'ai plusieurs âges en même temps, parfois jeune, naïf, intenable mais parfois aussi, sage, hyper-mature, comme si je percevais la totalité des secrets du monde qui m'entourent, contenant en moi l'âme de l'humanité. Je reconnais tout cela en moi, et plus j'avance, plus je me rends compte que je suis tout sauf un profil, une définition figée pour l'éternité… d'un recrutement aléatoire ou d'une carrière brisée par je ne sais quel expert en personnalité."

J'ai travaillé directement avec plus de 4.500 personnes en développement personnel à l'occasion de séances de coaching emploi. La phrase débutant ce billet aurait pu être prononcée, à peu de choses près, par chacune d'entre elles. Plus je me connais et plus je m'éloigne d'une définition précise parce que je comprends que cette dernière repose sur un ensemble d'éléments qu'il me convient d'explorer, un à un, avant de commencer à savoir qui je suis. "Je sais qu'on ne sait jamais" comme dirait Gabin.

Tout comme vous, j'entends parler, de ci de là de l'efficacité des tests de personnalité, notamment dans le cadre professionnel, de l'émergence de logiciels formidables, qui, s'appuyant sur des milliers d'analyses de comportements, peuvent parfaitement définir ce que nous sommes, notre comportement et même déterminer notre avenir. Le Big Data serait l'efficience absolue en terme de définition de personnalité. Pratique non ? 

les tests de personnalité ne sont pas fiables


Voilà exactement le genre de propos qui me fait froid dans le dos. Ce même dos qui refuse tant les étiquettes et qui lutte contre le fait d'être défini comme un vulgaire produit. Croyez vous réellement qu'une définition de ce que vous êtes, de votre personnalité a du sens ? Ne sommes nous pas en interdépendance de tout ce qui nous entoure, ne sommes nous pas un maillon, un élément d'un schéma bien plus complexe qu'il n'y parait ? Comment admettre l'idée d'être "défini" par un test de personnalité issu d'analyses et de traitements statistiques sans tenir compte de tout ce qui est autour de nous, notre culture, notre expérience, nos relations, nos croyances, nos valeurs, notre histoire ? Sans tenir compte non plus, qu'il nous arrive de répondre n'importe quoi aux questions incompréhensibles, ou d'essayer de cocher ce qui semble le plus "vendeur".

Ce que je reproche dans la plupart des tests de personnalité, c'est qu'ils ne tiennent jamais compte du contexte, non pas celui de la pièce dans laquelle vous répondez aux questions* mais bien de celui dans lequel vous évoluerez.  Vous savez, cet historique de l'entreprise qui n'est que très rarement connu et assumé ou toujours relaté de façon très… partiale, la prise en compte de l'état d'esprit de certains collaborateurs, les mécontentements internes, la clientèle, les pannes logiciel, "ça rame depuis qu'ils ont changé le serveur..." etc, etc…. , c'est-à-dire tout ce qui parasite et ne permet pas d'utiliser pleinement ses compétences et capacités.

Les tests de personnalité ne tiennent pas compte de l'historique de l'environnement


Rien de ce qui concerne ces éléments impalpables de l'entreprise n'est injecté dans le test. Imaginez un instant un test prenant en compte le fait que personne dans l'entreprise ne s'entend, qu'il existe une lutte effroyable entre différents services, que le turnover s'est accéléré (d'ailleurs, sans que les raisons aient été finement analysées…), qu'un dirigeant est parachuté ou adepte du corporatisme, que le taux de service a chuté de 25% en deux ans… vous savez, tous ces éléments qui font le quotidien de nos entreprises. 

Alors comment mesurer et déterminer mon comportement et mes capacités s'il n'est pas finement (et honnêtement) analysé au travers de ce qui se passe aujourd'hui dans l'entreprise, de ses forces, de ses blessures, de ses névroses, de son potentiel non révélé et non exploité ? Il s'agit alors d'un test de personnalité qui n'a rien à voir avec la réalité de l'entreprise, c'est celui d'une personnalité qui s'exprimerait dans le meilleur des mondes, celui des manuels scolaires, celui qui ne sent pas la sueur et qui semble si déconnecté du quotidien. 
Vous connaissez mon point de vue, le succès de l'intégration d'un nouveau collaborateur dépend de la capacité de l'entreprise à bien l'accueillir et à mettre en oeuvre toutes les conditions lui permettant de prendre son envol. Le reste n'est qu'anecdotique.

L'autre point, c'est cette tendance à mettre en place des procédures coûteuses - et ni plus ni moins efficaces que d'autres - s'entourant d'un maximum de précautions destinées à limiter le plus possible la responsabilité d'un échec du recrutement.
"Si je me plante, ce n'est pas complètement de ma faute, c'est surtout à cause du test de personnalité que j'ai suivi parce qu'il est mentionné dans la procédure F457-3 du manuel de management…". 
Exaspérant. Chers recruteurs, familiarisez-vous avec la notion d'échec du recrutement
Un test de personnalité ne constitue pas une aide au recrutement. Il embrouille et limite, mais surtout il déresponsabilise celui qui n'est plus à même ou plus autorisé à prendre une décision professionnelle. Je fais partie de ceux qui pensent que la crise majeure que nous traversons dans les entreprises est essentiellement une crise de responsabilité, au nom du Saint risque zéro, de la qualité totale, nous fabriquons des personnes, des cadres, des managers de moins en moins encouragés à prendre - en responsabilité, c'est à dire en dehors des procédures - une décision pour l'entreprise, surtout quand elle est grande ou engagée dans une démarche de maîtrise de tous ses process internes


*quoique… : une entreprise bien connue spécialisée dans les tests de personnalité a voulu me convaincre de la qualité de ses produits en me les faisant tester : à un temps de réponse long à une question précise, ils concluaient que j'avais hésité, cette hésitation a pondéré toute leur analyse… A aucun moment, ils n'avaient imaginé que ma connexion internet était lente, que l'ouverture de chaque question prenait du temps et que ce temps, je l'utilisais à faire autre chose…

Avant j'étais timide, mais ça c'était avant

Un jour, je me suis rendu compte que je m'étais construit sur une aiguille bien piquante que j'avais soigneusement retirée de la botte de paille qui symbolise ma vie… Depuis ce jour, je vais mieux ! C'est un peu comme si, de la somme des milliards de mots entendus (qui ne m'étaient pas tous forcément destinés), je n'avais sélectionné qu'une seule phrase, qu'une seule injonction et que je l'aurais désignée comme programme de vie, comme cadre structurant tous mes actes, quitte à souffrir de temps en temps. Du coup, j'ai cultivé la certitude d'être timide, j'ai trouvé une infinité de preuves qui me donnaient raison, en prenant soin de ne jamais observer toutes celles qui contredisaient ma timidité. Résultat, je suis passé à côté de bon nombre d'occasions et cela m'a fait souffrir.

Tout petit, on me disait que j'étais timide, j'avais peur de parler aux vieilles dames qui piquent, je ne prenais pas la parole à l'école, je lisais beaucoup et ma mère ne cessait de me présenter aux autres en précisant que j'étais timide. Une mère a toujours raison,  vous ne croyez pas ? Et puis elle savait plus de choses que moi, c'était une adulte ! Et c'est vrai qu'elle avait raison, aussi loin que je me souvienne, j'étais sage, je restais dans mon coin. J'aime bien l'idée qu'elle ait eu raison, surtout qu'elle m'a élevé !

Sortir de la timidité

Il ne m'en a pas fallu davantage pour construire une personnalité qui répondait au critère de timidité, pour donner raison à ma mère et me rassurer dans le fait que je lui donnais par la même occasion le pouvoir de ne pas se tromper.

Là où cela devient plus rigolo, c'est lorsque j'ai découvert des films familiaux, des "super 8" aussi longs à installer qu'à visionner. Et là, surprise, je découvre un petit garçon qui porte le même prénom que moi, qui me ressemble énormément, qui a les mêmes parents que moi mais qui fait le pitre, qui mime (Georges Marchais a priori), qui joue aux marionnettes, qui saute dans tous les sens, un petit garçon presque turbulent que je ne me souviens pas d'avoir rencontré. Le contraire d'un enfant timide. Damned, j'ai du admettre, contraint et forcé, qu'au moins une fois dans ma vie, je n'avais pas été timide…. Flûte alors. 
La brèche était ouverte. Je me suis concentré sur le théâtre de marionnettes qui est apparu quelques secondes. Et là, les souvenirs sont remontés, les spectacles que je montais, les histoires que je rédigeais, les foules que je convoquais, ma voix qui criait, imitait des personnalités, changeaient en fonction du jeu, de la scène… Des souvenirs comme ceux là, j'en avais des wagons.. Fichtre. Des pans entiers de mon histoire s'écroulaient sous mes yeux. 


Et vous, comment vous définiriez-vous ? Timide aussi ? Colérique ? Bagarreur ? Moche ? Bête ? Idiot ? Méchant ? Cancre ? Incapable ? Nul ? etc, etc…
A défaut de films super 8, plongez vous dans  vos souvenirs et demandez-vous : 
- D'où provient cette pensée, de vous ? Des autres ? 
- Cette "certitude", vous donne t'elle de l'énergie ou au contraire vous ralentit-elle ? 
- Du reste, y a t-il ne serait-ce qu'une expérience de votre vie au cours de laquelle vous n'avez pas été - au choix - timide, colérique, bagarreur, moche, bête, idiot, méchant, cancre, incapable, nul ….?
- Pourquoi décidez-vous alors de penser que vous êtes "toujours" timide, colérique… ?
- Et si vous commenciez à observer tous ces moments au cours desquels vous étiez le contraire de timide, colérique… Que constatez-vous ?

Je ne suis pas QUE timide, alors la timidité ne me définit pas. Rien ne me définit au fond parce que je suis tout à la fois. Comme vous, je suis capable de tout. Alors ras le pompom de tous ces freins inutiles qui pèsent tant sur nos épaules, vous ne croyez pas ! Haut Les Coeurs !

Credit photo think4photop / FreeDigitalPhotos.net

La simplicité et le management

Qu'il est compliqué de faire simple en entreprise ! Par simple, j'entends tout procédé dépouillé, esthétique même, mais aussi un cadre de fonctionnement éloigné de tout artifice, de tout jeu d'influence… Un je ne sais quoi de naturel, allant de soi…

simplifier le management pour une meilleure efficacité et un développement de l'entreprise

Comment faire simple en entreprise ? D'abord en cultivant l'art du désencombrement si cher à Dominique Loureau dans "l'Art de la Simplicité". Se désencombrer l'esprit, c'est reconnaître la réalité de l'entreprise dans sa globalité, sans chercher à la réduire en un relevé de compte et d'indicateurs de performances.  La représentation (relative) du comment ça marche, complexifie durablement les rapports internes et les échanges d'information, alors que la simplicité du "why" si cher à Simon Sinek et appliqué par Steve Jobs a l'immense particularité de relayer le superflu au rang de quasi inutilité.

Ici, la simplicité en entreprise repose sur la connaissance et le partage de la vision, sur la raison d'être et le sens que l'on attribue à sa fonction ou bien à la finalité de la société. Le reste n'est qu'un frein à la mise en route et à l'accomplissement, aussi, je considère que le management se concentre presque exclusivement sur la complexification des schémas de fonctionnement, ce qui, reconnaissons le, fatigue tout le monde , y compris lui-même, assez rapidement. C'est exactement ce que nous appelons en cocahing le travail sur l'environnement. Comment libérer mon action par un travail de repérage et de traitement de tout ce qui me "bouffe" de l'énergie et me détourne de mon objectif.

Avez-vous remarqué combien de temps, d'argent et d'énergie nous dépensons à rechercher les solutions permettant de résoudre un problème sans observer le pourquoi, l'origine même du problème ? Nous devenons des experts en rustine, collant un pansement de ci de là sur une énième ex-solution qui n'a plus lieu d'être aujourd'hui. Faire simple, c'est aussi imaginer que rien n'est figé, rester alerte, conscient des perspectives et des évolutions, en développant des aptitudes purement humaines : l'attention aux autres, l'observation fine des circonstances et constater combien les mutations sont constantes et réelles.

La simplicité demande du génie, le génie humain, la précision, l'excellence… mais aussi la remise en cause de ses idées et concepts, une remise en cause permanente. Et cela demande de changer de posture, d'y travailler, individuellement et collectivement.
Les méthodes utilisées et (toujours enseignées) sont calquées sur le cartésianisme : "je prends chaque composante de l'entreprise et je lui colle un process "adapté"". Le résultat est souvent grotesque, un méli mélo de composantes qui ne communiquent plus en elles, et qui, pire encore, oublient régulièrement le pourquoi de leur fonction, de leur existence. 

Tiens, pour tester l'art de la simplicité et de la vigilance en entreprise, pourriez-vous, en une phrase (simple), décrire l'identité de votre entreprise ? Votre vision à moyen terme ? La communiquez-vous ? A t-elle du sens ? Vous stimule t-elle ? Et comment sont organisés vos process, autour d'une vision globale ou bien d'indicateurs de performance, plus ou moins mal menés…?

*credit photo de pakorn / FreeDigitalPhotos.net