Le plaisir retrouvé de se lever chaque matin... Coach Emploi


Donner du temps au temps !

Nous évoquions l'autre jour l'intérêt de fournir ses premiers résultats dès les 100 premiers jours de l'intégration dans vos nouvelles fonctions (voir ici), pourtant, même si le démarrage de l'activité doit marquer les esprits (dont le vôtre) pendant la période d'essai, je conseille vivement de vous accorder une période d'observation, d'immersion pendant laquelle vous apprendrez et analyserez le fonctionnement de votre équipe, mais également de toutes celles que vous serez amené à côtoyer au sein de l'entreprise.

A l'occasion de la signature de votre contrat, pensez à solliciter votre employeur sur l'avantage de "neutraliser" les 15 premiers jours de votre intégration (prévoir beaucoup plus de temps pour un poste de direction) dans le but de rencontrer les différents chefs de service, visiter quelques clients avec les commerciaux, passer du temps en atelier de production... Bref, comprendre de l'intérieur les rouages et interfaces de l'entreprise, sa cartographie et décrypter les enjeux liés à votre mission. Cette phase d'observation s'avère essentielle, véritable pilier d'une construction de votre mission en mode projet, elle constitue la première étape de votre intégration que j'appelle tout bêtement "analyse de l'environnement".

Analyser pour mieux comprendre, définir les plans d'actions, voici le but de ces 15 premiers jours d'intégration. Le candidat ayant retrouvé un emploi se jette généralement corps et âmes dans ses nouvelles fonctions sans avoir pris le temps d'observer l'entreprise... Attention, ayez la sagesse de reporter l'aspect opérationnel de votre mission de quelques jours, vous gagnerez en lucidité et clairvoyance - donc en efficacité - lorsqu'il se sera temps de faire valider vos objectifs auprès de votre hiérarchie.

* Lire aussi les études de T. Burns et G. Stalker "The management of innovation"

Parler en public

A l'occasion d'un forum professionnel (salon du recrutement, exposition, salon., conférence...), peut-être aurez-vous l'occasion de vous faire remarquer en prenant la parole en public. Une question bien sentie, une anecdote, un témoignage, que sais-je, un numéro de claquettes. Se lever, attraper le micro qui circule de mains en mains, le tapoter doucement pour vous assurer que tout le monde vous entendra et, d'une voix chevrotante, vous vous livrerez à cet exercice que beaucoup de personnes redoutent (dont votre serviteur), parler devant 500 personnes...

"Ouiii, bonjour, euh, je suis Jean-Pierre, euh..., on m'entend là ? Un deux, pok, pok. Ah oui, là c'est mieux.. ouiii, je suis Jean-Pierre de Paris et je voudrais poser une question à...".

Bon tout d'abord, pourquoi prendre la parole ? Tout simplement parce que ce que vous pensez intéresse tout le monde et peut susciter une réflexion plus approfondie, parce que la question ou le commentaire que vous avez en tête ne doit pas rester sans réponse, parce que c'est pour vous la meilleure garantie d'être remarqué, enfin, prendre la parole en public est toujours une petite victoire sur ses appréhensions, victoire sur soi qui fait un bien fou (surtout quand on a terminé de parler!) et flatte l'autosatisfaction... Haa, ça fait du bien !

Maintenant, si vous voulez être positivement remarqué, voici quelques points à appliquer :

1- Dites bonjour et remerciez la personne qui vous a tendu le micro, souriez !
2- Tout en parlant, avancez doucement vers ceux à qui vous vous adressez puis stabilisez vous, vos deux pieds parallèles pour éviter de danser.
3- Regardez votre public dans les yeux et évitez de fixer le sol.
4- Ne parlez pas trop vite et contrôlez votre souffle.
5- Terminez par "je vous remercie de votre réponse", ou "je vous remercie de votre attention", continuez de sourire !

Je sais que cela fait beaucoup de choses à la fois, pourtant, je vous encourage vraiment à vous manifester lors d'une conférence ou d'un forum, vous vous sentirez en totale confiance pour aborder par la suite les personnes que vous souhaitez rencontrer, de plus, vous serez étonné d'être à votre tour sollicité par des personnes du public qui, elles, vous auront remarqué.

Etes-vous créatif ?

"Vous savez, je suis plutôt traditionnel, je suis les instructions, les procédures, et j'imagine que si elles existent, c'est qu'elles sont bonnes pour l'entreprise et son développement. Pourtant, une fois, j'ai glissé une suggestion dans la boîte à idée de mon service, mais pour autant que je sache, elle n'avait pas été retenue... je n'ai jamais su pourquoi - pour répondre à votre question, je vous dirais quand même que j'ai plutôt l'esprit créatif, j'aime bien inventer des trucs, comme ça pour m'amuser !".

La créativité, être créatif... qualité que je place parmi mes favorites, celle qui m'inspire immédiatement et me laisse imaginer de nouvelles perspectives de développement. J'aime les créatifs qui apportent un nouveau souffle, une vision différente, de nouveaux horizons à explorer...

Évidemment, nous ne sommes pas égaux dans ce domaine, certains excellent et proposent à tout bout de champs de nouvelles idées, d'autres s'efforcent de les appliquer, ce qui n'est pas si mal !
Il existe pourtant un juste milieu concernant une immense majorité d'entre nous... Et oui, nous sommes tous créatifs, si, si... Ne sommes nous pas capables de créer des outils destinés à nous faire gagner du temps mais surtout des efforts ? L'informatique en est le meilleur exemple, l'automatisation de certains process, calculs, envois massifs, etc... Imaginer un outil, aussi simple soit-il, fait de nous des créatifs, je n'en démords pas !

Par conséquent, à la question "êtes-vous créatif ?", inutile de vous attarder sur les maquettes que vous peigniez lorsque vous étiez bambin, mais faute d'idées géniales qui auraient fait les beaux jours de vos employeurs, vous pourriez affirmer simplement que votre créativité, vous l'avez toujours mise au service des entreprises pour lesquelles vous avez travaillé, vous efforçant de mettre en place des outils ou des procédures destinés à faire gagner du temps dans le traitement de vos travaux ou ceux de vos collaborateurs, d'ailleurs, vous vous tenez informé pour continuer à avoir de nouvelles idées ! Enfin, attention de ne pas confondre créativité et force de proposition !

Vive la lettre de motivation !

"Ouiii, vous nous demandez de travailler nos lettres de motivation alors que personne ne prend le temps de les lire ! C'est du grand n'importe quoi, à quoi ça sert que je me dékarkaâsse !".

Effectivement, je ne peux pas vous assurer que vos lettres soient lues, notamment lorsque vous répondez à une annonce nationale. Mais bon, indécrottable optimiste que je suis, j'imagine qu'elles sont au moins survolées, balayées par l'œil aguerri du professionnel du recrutement qui, à défaut d'éliminer les lettres banales, saura repérer une expression, une tournure, un style sortant de l'ordinaire...

Peut-être avez-vous travaillé pour rien, et alors ? Pensez à la boulangère qui emballe minutieusement et longuement votre mille-feuilles, alors que votre premier réflexe, dès que vous quittez la boutique est d'arracher le papier fleuri pour avaler en un millième de seconde votre pâtisserie. A-t'elle travaillé pour rien ? Personne ne se pose vraiment la question, il est juste impensable que votre gâteau ne soit pas protégé, et c'est normal.

Votre candidature doit refléter votre professionnalisme, vous déposez un dossier complet, comprenant - a minima - une lettre de motivation et un CV. Vous ne savez pas si votre lettre sera lue, d'ailleurs, vous ne savez pas non plus si le CV sera ouvert, vous n'en avez aucune idée. Aussi, inutile de jouer avec le feu, préparez le plus sérieusement possible votre lettre de motivation sans craindre de fournir un effort inutile.

Enfin, même si la sélection ne passe que par le CV, je n'imagine pas un seul instant que le recruteur, votre CV sélectionné en main, ne jette pas un coup d'oeil sur votre prose, histoire de s'assurer que, que..., que quoi ? Tout simplement histoire de valider la totalité de la candidature, ce qui s'appelle, même à l'ère du 2.0, la conscience professionnelle et l'amour du travail bien fait !

Bye bye la technique du Moageux !

Allez, je vous pose une question intime ! Quoi, on commence à bien se connaître ! Non ?

Imaginez que vous soyez amoureux, en secret, d'une personne qui vous ne connaît pas, à qui vous n'avez jamais parlé, et dont vous connaissez une multitudes de facettes qui chavirent votre cœur de bonheur. Bon, rien de spécial, cela nous arrive tous les jours depuis notre adolescence... n'est-ce pas ?

Ma question est la suivante : de quelle façon vous y prendriez-vous pour attirer son attention, obtenir un regard et pourquoi pas, comble du comble un premier rendez-vous ? Plusieurs méthodes éprouvées et largement décrites dans la littérature romantique s'offrent au soupirant :

- Première technique : ne rien dire et mourir de peine et de chagrin le restant de nos jours. L'avantage, vous ne serez jamais déçu du résultat et ne risquerez pas d'être éconduit.

- Deuxième méthode : se jeter aux pieds de la personne aimée et revêtir son plus beau costume de pot de colle implorant et suffocant de désir : "regardez-moi !" "Pitié, regardez-moi...!". Je ne suis pas certain que les pleurnicheries attendrissent qui que ce soit... du moins dans notre siècle.

- Troisième méthode : se mettre en avant et déclarer l'ensemble des qualités que vous estimez être vôtres, cette technique est communément appelée la technique du "Moageux", irritante et agaçante au possible... Enfin, chez les êtres normalement constitués.

- Enfin la dernière méthode consiste à révéler à la personne convoitée, les mille et un traits de sa personnalité qui nous attirent tant... "votre petit rire mutin, vos petits pieds" (dialogue emprunté à Y. Montand dans la Folie des Grandeurs quand il s'adresse sans le savoir à la "vieille" - A. Sapritch).

Et voilà, toute la différence est là et j'en viens au sujet qui nous rassemble, la recherche d'emploi : De mon humble avis, si vous souhaitez attirer l'attention d'une entreprise, ne l'abordez pas en rédigeant une lettre de motivation du type "Moageux" mais piquez son intérêt en rédigeant un paragraphe sur elle, ce que vous en savez et les raisons pour lesquelles vous seriez ravi de compter parmi ses effectifs. Si le recrutement est avant tout une aventure humaine, je pense nécessaire d'exprimer simplement tout le bien que vous pensez de l'entreprise convoitée. Enfin, à y regarder de près, les spécialistes de la communication ne font rien d'autres que d'évoquer ce que nous sommes et ce que nous aimons entendre, alors, ne vous gênez pas ! Communiquez !

Intégrer sa nouvelle fonction

Nous avons déjà évoqué ces premiers jours au sein de votre nouvel employeur, vous découvrez un univers, une culture d'entreprise, un personnel en place. Pas si simple, mais tellement excitant !
Forcément, vous abordez une période appelée "d'essai" pendant laquelle, vous vous efforcerez d'assimiler toutes les informations reçues en prenant soin de les intégrer et d'acquérir tous les dits et non-dits de votre nouvel environnement.

Les managers auront un long travail d'analyse et de collecte d'informations à générer, afin de déterminer rapidement les grandes actions à mettre en place et venir ainsi à bout de la mission qui leur est confiée. Pourtant, au delà de ce travail long et fastidieux, j'encourage le "petit nouveau" à se concentrer également sur le court terme, faire en sorte que son plan d'actions entraîne rapidement les premiers résultats, les premiers changements.

L'idée derrière tout cela ? Vous assurer une confirmation dans votre poste en ayant pris soin de soigner l'impact de votre arrivée auprès de vos nouveaux collaborateurs. Interdisez-vous de vous projeter uniquement sur le long terme (vous savez, quand l'eau a suffisamment coulé pour observer les résultats de tout ce que vous avez généré). Il est souhaitable que vos initiatives se traduisent par des actions très concrètes dont les résultats peuvent être immédiats, ne négligez pas l'impression ou l'impact que vous laisserez sur vos collègues.

Un repère ? L'issue des trois premiers mois de votre activité pendant lesquels, vous aurez pris soin de définir une stratégie, de lancer vos premières mesures dont l'effet se fera sentir bien plus tard mais également trois mois pendant lesquels vous ne laisserez planer aucun doute sur votre activité au jour le jour en affichant (modestement bien sûr), vos premiers résultats d'amélioration. Vous vous êtes battu pour l'avoir cet emploi, il n'est pas question qu'il vous échappe à cause de mauvaises interprétations !

Attention à l'originalité

Prendre le risque de passer pour un abruti sous prétexte de vouloir, absolument, se démarquer... Dommage ! L'humour, le message décalé ou le second degré sont des leviers qu'il faut savoir actionner avec parcimonie, en étant certain de provoquer l'effet escompté !

Bien entendu, vous pourriez jouer des claquettes en récitant votre CV, porter un nez rouge pour souligner votre audace ou offrir une rose à toutes les femmes rencontrées dans le cabinet de recrutement. Tout est possible, mais n'oubliez pas que ce genre de démarche aura davantage tendance à agacer qu'à séduire.

Alors quelles sont les règles de bases...?

1- Accepter l'idée de ne pas convaincre et de tomber à côté de la plaque.
2- Éviter toutes les démarches coûteuses qui risqueraient de crever votre budget.
3- Favoriser un geste, une action en rapport avec votre métier ou secteur d'activité.
4- S'assurer que le message véhiculé par votre démarche soit clair et sans ambiguïté et non chronophage.
5- Favoriser la simplicité, en toutes circonstances.

Bon, ok, ça c'est fait, mais maintenant, quelles idées mettre en place ? Très bonne question, merci de l'avoir posée !
Franchement, je n'en sais rien, mais j'imagine qu'il existe autant de possibilité qu'il y a de circonstance... par exemple : puisque tous les CV sont reçus par e-mail, ne pas hésiter à envoyer le vôtre par courrier - seulement pour les postes qui vous attirent vraiment. Si vous êtes membre d'une compagnie de théâtre ou musicien, offrez une invitation pour l'une de vos représentations, de vos concerts. N'hésitez pas à rechercher les informations sur les recruteurs, eux aussi sont membres de réseaux sociaux, vous pourriez trouver une accroche différente selon les informations collectées...
L'originalité est une arme redoutable, à double tranchant, à n'utiliser qu'en cas de maîtrise absolue !

Bis repetita

Attachons nous aujourd'hui à retenir l'attention de la personne qui découvre notre CV ! Exercice périlleux, relativement complexe si l'on part du principe que le temps consacré à l'étude d'une candidature varie de 15 secondes à une minute ! (faites le calcul sur 300 dossiers, vous verrez que je suis probablement optimiste dans mon estimation).

Bien, par où commencer ! Et si nous nous glissions un instant dans la peau d'un recruteur... Ne pensez-vous pas que son attention pourrait chuter dramatiquement dès qu'il comprendra que tout est exprimé dès votre première expérience professionnelle et que finalement, toutes celles que vous relatez par après ne sont que des "redites" plus ou moins subtilement répétées ? Je vous encourage à aborder votre CV comme un bon polar, à chaque page, un nouveau rebondissement, rien d'usé, voyager au travers de votre parcours, de surprise en surprise ! Comment faire ?

Le début du commencement d'un CV qui tourne en rond, et c'est le recruteur qui crie "au suivant !", je peux vous l'assurer, mais entre nous, je ne vous apprend rien. Attachez vous à rendre chaque ligne de votre CV unique, une information, nouvelle et pertinente en prenant soin de ne rien répéter. "Chaque ligne de votre CV doit contenir une information unique", à vous de les classer des plus sensibles au plus générales.

Comment alors organiser votre CV ? Peut-être en suivant quelques uns des trucs mis en avant dans ce blog, commencer par répondre à la seule question que se pose le recruteur (voir ici) pour continuer sur vos réalisations, forcément uniques puisque relatives à une expérience professionnelle (voir par ici et par ). En gros, vous éviterez toute répétition en abordant votre CV de la façon suivante :
1- Quelles grandes compétences puis-je vous offrir ?
2- Comment ai-je utilisé ces compétences, pour en faire quoi ?

Tout est question de bon sens, commencez à tourner en rond et le recruteur abandonnera la lecture de votre CV... aussi sec !

à méditer

Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve.

Antoine de Saint-Exupéry

Phases éliminatoires ?

"Ah non ! Pas lui ! Tu te rends compte, il n'a pas su répondre à une question toute bête ! Et lui non plus, son CV était moche et pas assez accrocheur ! Quant à lui, trop vantard ! L'autre, trop discret ! Celui-ci trop expérimenté, l'autre trop novice !". Et bien, je vais vous livrer le fond de ma pensée, je ne crois pas à ce scénario, et j'imagine qu'aucun recruteur ne procède par élimination - en tout cas pour la majorité des candidats. Et vlan, vous l'aurez compris, je remets en question les commentaires du type : "je n'ai pas été sélectionné parce que je suis trop comme ci ou trop comme ça !" et n'y crois pas un seul instant.

"Ben oui, mais pourtant, je n'ai pourtant pas été retenu !" me répondrez-vous. Vous avez raison, vous n'êtes pas parvenu à l'étape suivante. Cependant, je crois utile d'apporter une vision un peu différente en précisant que vous faites fausse route, pensant avoir été éliminé... Non, votre candidature n'a pas fait l'objet d'un rejet, admettez plutôt que d'autres personnes ont tout simplement été préférées.

Pourquoi j'insiste sur cette notion ? Tout simplement parce qu'elle relève du bon sens, non, le processus de recrutement ne consiste pas à éliminer les candidatures qui ne répondent pas aux attentes, mais bien de sélectionner celles qui se rapprochent du profil recherché... Du coup, peut-être pourriez-vous envisager vos candidatures d'une façon plus active, et forcément plus positive, vous concentrant davantage sur le "Comment pourrais-je répondre aux attentes ?", plutôt que "qu'est-ce qu'ils vont trouver à critiquer dans mon CV ?".

"OK, Pierre t'es gentil, ne passant pas l'étape suivante, que je sois éliminé ou qu'un autre ait été préféré, quelle différence pour moi ?". Je vous répondrais simplement que cette vision vous permettra de ne pas vous accuser de tous les maux, vous préservera davantage et vous aidera à toujours tendre vers l'objectif du recruteur - qui devient le vôtre : trouver le bon candidat, plutôt qu'éliminer tous les mauvais.

Ce qui rend sympathique

J'ai le sentiment de commencer à sucrer les fraises (pardon pour l'expression mais elle nous rapproche de l'été !), en vous répétant, une fois encore, une phrase entendue à maintes reprises de la bouche de l'un de mes anciens directeurs.

"L'important n'est pas ce que l'on dit mais la façon dont on le dit", cette affirmation me hante (voir ici), la ressassant si souvent qu'à la fin, je ne sais plus si je dois la trouver absurde par la futilité qu'elle encourage ou bien tellement brillante par les clés de communication qu'elle semble nous tendre...

Ô joie, je viens de découvrir une étude d'Albert Merhabian qui finalement répond à peu près aux questions que je me pose... si, si...

Savez-vous ce qui provoque spontanément la sympathie chez l'autre ? Son compte en banque ? Non, essaye encore.L'intelligence de son propos ? Non, cherche encore! Sa beauté ? Non, mais on se rapproche ! Son charme alors ! ça chauffe !

Bien, il semblerait que ce qui provoque le sentiment de sympathie vis-à-vis d'une personne lambda soit dans 58% des cas l'expression de son attitude ou de son visage... Le sourire, les yeux, l'ouverture des gestes de la main, j'en passe et des meilleures, les conseils fleurissent un peu partout, mais encore une fois, du bon sens : faites la gueule et personne ne vous appréciera, souriez et l'on vous rendra votre sourire !

La deuxième principale raison qui provoque ce sentiment de sympathie, c'est la note vocale dans 38% des cas, l'expression de la voix, sa couleur (voir ici), je n'évoque pas spécialement une belle voix (bien que cela facilite le travail), mais bien la façon dont on utilise toute une palette de nuances, d'accents, d'intonations pour renforcer nos propos.

Enfin, et c'est là que la dorénavant célèbre citation de mon ancien patron prend tout son sens, le facteur sympathie n'est évoqué que dans 7% des cas pour le fond, c'est à dire pour le sens des mots, le contenu du propos... Bref, dites les pires atrocités en souriant, vous n'abimerez que de très peu votre capital sympathie ! Bon, je suis assez dubitatif sur ce dernier point, notamment dans le cas de propos excessifs, mais je dois finalement me plier au constat suivant : nous faisons plus confiance à la façon dont les choses nous sont dites (attitude, ton de la voix, tout ce qui est non-verbal) qu'au sens de nos propos ! Merci M. Merhabian !

Le parler en couleur

Quel pourrait bien être le comble de l'ennui pour un recruteur au cours d'un entretien ? Que le candidat parle de façon monocorde, sans passion, sans ponctuation, sans intonation ! Avez-vous déjà assisté à une conférence au cours de laquelle, vous avez du lutter contre l'endormissement, réprimant discrètement un bâillement pervers surgissant à l'instant précis où l'orateur vous fixe dans les yeux ? Non ? Moi, si ! Cela m'arrive tout le temps !

Bon, revenons à nos moutons, nous allons nous efforcer d'épargner notre interlocuteur, d'une part en le maintenant éveillé, d'autre part en faisant en sorte qu'il soit conquis et emporté par l'enthousiasme que vous véhiculez.

Tout d'abord, vous vous attacherez à débuter vos interventions de façon franche, nette, pas la peine de vous comporter comme un vieux moteur diesel, montant petit à petit en pression, non, vous devenez et incarnez un moteur deux temps, partant sur les chapeaux de roue ! Vous redonnerez également de la couleur à tous ces petits mots, les articles, les prépositions, les mots de liaisons.

Vous respecterez les silences, respirations indispensables accentuées en fin de phrase. Et pour cela, vous relirez les dictées d'antan et imaginerez être à la place de Madame Michu dictant à sa classe un texte d'Alphonse Daudet, insistant bien sur la ponctuation, comme si vous racontiez une histoire "il était une fois, dans la ville de Foix...".

Vous garderez à l'esprit que le parler est infiniment plus subtile et riche que l'écrit, aussi, ne vous privez pas de couleur dans votre voix, libérez vous de toute ponctuation conventionnelle et votre phrasé vivra et se détachera irrésistiblement pour marquer de son empreinte l'esprit d'un recruteur conquis par l'énergie et l'enthousiasme de votre intervention. Dernier point, préparer son intervention ne signifie pas la réciter ou de la débiter !

Proposition incongrue

"J'ai beau chercher, creuser, je n'ai aucun créneau horaire disponible pour vous recevoir, des réunions jusqu'à vendredi, un déplacement la semaine prochaine, un séminaire dans la foulée, non, rien à faire, je ne pourrai vous rencontrer avant au moins trois semaines !".

Mince, mince, mince, le candidat désemparé n'ose proposer un rendez-vous à une heure indécente "vous savez, je me rendrai disponible à n'importe quel moment, le soir, tard si vous le souhaitez !".

Vous avez fait mouche avec votre candidature spontanée, bravo, pour autant vous semblez en difficulté pour obtenir l'entretien, la rencontre, fatidique qui devrait faire basculer votre carrière. Une telle opportunité ne peut et ne doit vous échapper, aussi, je vous conseille de sortir toute votre belle détermination du placard et d'oser la proposition incongrue (en tout bien tout honneur !).

Qu'est-ce qu'une proposition de rencontre incongrue ? C'est celle qui vous permettra de retourner une situation complexe en opportunité efficace et positive... Votre interlocuteur n'a pas un seul instant à vous consacrer ? Proposez lui de vous réunir autour d'un déjeuner rapide afin qu'il puisse optimiser ses journées. Votre interlocuteur n'est jamais au bureau ? Quelle importance ? Proposez lui une rencontre à l'aéroport s'il part en voyage, dans un café près de son prochain rendez-vous, dans votre voiture car vous pourriez le déposer quelque part, sur le stand que son entreprise a réservé à l'occasion d'une exposition... Je m'arrête là, je pourrais écrire un roman sur tous ces lieux informels.

Pourquoi ne pas hésiter à proposer de tels rendez-vous ? Parce que au bout de trois refus, vous pourrez sérieusement douter des intentions de votre interlocuteur, mais aussi parce que provoquer une entrevue dans un lieu neutre (en dehors de son bureau ou de la salle de réunion habituelle) favorisera vos échanges notamment dans le cadre d'une négociation (personne ne reçoit sur son territoire). Enfin, si vous retenez l'heure du déjeuner, gardez à l'esprit que l'on s'attache beaucoup plus facilement aux personnes qui nous entourent pendant le repas, et oui, c'est comme ça, celui qui partage votre table est associé au bien-être que le repas provoque...

La persévérance

"Non mais attendez ! Je ne suis pas complètement débile ! Si je me lance dans un projet et qu'il s'avère plus compliqué que prévu, je n'imagine pas un seul instant de m'épuiser encore et encore pour atteindre un résultat tout juste médiocre ! Il y a tellement d'opportunités que je trouverais bien celle qui me permettra de réussir ! En dehors de ce cas, oui, on peut dire que je suis quelqu'un de persévérant..."

Tiens, c'est étrange, le visage du recruteur semble se pincer, comme s'il avait, sur une simple et anodine question, rejeté la candidature de la personne qu'il reçoit. "Êtes-vous persévérant ?", pas de quoi fouetter un chat !

Bien sûr, vous êtes persévérant, bien sûr vous ne pouvez pas affirmer qu'un obstacle abat vos efforts et réduit à néant votre bonne volonté. Vous êtes tenace et persévérant car votre naturel enthousiaste constitue le premier rempart contre toutes les difficultés qui jalonnent les orientations et choix que vous suivez.

Vous êtes persévérant parce que vous gardez à l'esprit que rien n'est simple en ce bas monde et que votre engagement (vous remarquerez que nous n'allons pas dans le registre des compétences) vous a toujours permis de terminer ce que vous aviez commencé. L'idéal étant d'enchaîner sur une réalisation professionnelle ou personnelle ayant mobilisé toute votre énergie malgré les difficultés que vous aurez pu rencontrer.

Vous êtes persévérant, naturellement, parce que comme Thomas Edison, vous croyez en trois principes fondamentaux menant au résultat et à l'accomplissement d'un projet :

1- Le "travail acharné",
2- Une "persévérance obstinée",
3- Du bon sens.

Le reste, il l'a parfaitement résumé en cette courte phrase : "je n'ai pas échoué, j'ai simplement trouvé 10.000 solutions qui ne fonctionnent pas !". Alors oui, cultivez votre persévérance et votre ténacité, elles vous le rendront toujours un jour !

Mobilité géographique

Mobilité géographique dans le CV 


Si on vous proposait le job de vos rêves, celui qui ne se refuse pas, qui répond à votre projet professionnel, exactement dans vos cordes, un patron avec qui vous accrochez naturellement, un salaire très largement supérieur à tout ce que vous imaginiez, un cadre de vie correspondant à toutes vos attentes, même les plus folles, seriez-vous alors prêt à considérer un déménagement ?

Allez, imaginons en plus que votre conjoint pourrait facilement retrouver dans la région en question, un emploi dans son domaine (en imagination, tout est permis ! C'est du reste ce que je travaille dans mon cabinet d'hypnose en Charente, Angoulême plus exactement) alors, entre nous, pensez-vous que vous pourriez éventuellement commencer à caresser l'idée d'un début de commencement de mobilité géographique ?
Je suis prêt à parier qu'une grande majorité se considère comme mobile dans les conditions idylliques que je viens de présenter...

comment indiquer sa mobilité sur le CV ?
Comment indiquer sa mobilité sur le CV ?


Mobilité Nationale


Bon, je vais faire grincer quelques dents mais je crois utile de mentionner "mobilité nationale" ou "mobilité internationale" sur le CV et ce pour au moins quatre raisons :

1- Dans les conditions idéales d'emploi - bon salaire, emploi passionnant...- la plupart d'entre nous serait prêt à envisager un déménagement, il serait alors faux de se prétendre attaché ou emprisonné à sa région. Selon votre projet professionnel, la mobilité prend tout son sens.

2- La mention "mobilité nationale" est souvent synonyme de motivation, de détermination à décrocher le job - personnellement, je trouve absurde de vouloir tester la motivation d'une personne privée d'emploi à vouloir en retrouver un, mais bon, s'il ne faut que cela pour montrer sa détermination, inutile de se priver !

3- Par ailleurs, puisque vous sélectionnez les annonces, peut-être sur des jobboards spécialisés, auxquelles vous répondez, il serait étrange de choisir une région se situant en dehors du secteur que vous prospectez - vous ne trouvez pas ? Par conséquent, vous maîtrisez, grâce à un tableau de recherche d'emploi,  vos émissions de candidatures et ne vous engagez pas vraiment en prétendant pouvoir déménager en cas de succès dans le recrutement.

4- Dernier point, laissez vous séduire par des annonces différentes de celles que vous aurez sélectionnées, passez du temps à lire les annonces, au pire, vous aurez parfait votre technique d'entretien, au mieux, on vous proposera un emploi que vous serez en mesure de ne pas accepter - si vous le souhaitez... N'oubliez pas qu'en cas de succès, vous aurez toujours le dernier mot !

Mobilité totale 


Maintenant que je viens de faire l'éloge du "mobilité nationale", je vous propose autre chose. Imaginons (décidément !) que vous soyez prêt à déménager, à quitter Paris, votre ville, votre campagne pour vous installer ailleurs, plus loin. Forcément, vous aurez construit une veille locale pertinente vous connectant à tout l'environnement géographique visé.
Dans ce cas de mobilité géographique, vous oublierez de mentionner votre adresse postale dans le CV. Votre adresse, dans ce cas, n'est pas utile et constituerait le signe évident , qu'a priori, vous n'habitez pas sur le lieu du poste...

Le recruteur, devant choisir entre un candidat localisé dans la même région que le poste et vous qui devrez déménager toute votre famille pour prendre vos nouvelles fonctions, minimisera le risque en préférant celui qui ne chamboulera pas sa vie pour de nouvelles fonctions. Un recruteur ne prendra pas facilement la décision de vous faire déménager. C'est une responsabilité, une vraie responsabilité.

Comment faire alors ? Prendre vous-même la responsabilité de votre déménagement en mentionnant dans votre CV, non pas mobilité nationale mais :

"Totalement mobile sur la région XXX". 

Le "totalement" est le signe que vous êtes presque sur place, nommer la région (et pourquoi pas la ville) précise et conforte le recruteur que votre choix est ciblé, votre décision prise... Vous avez pris la décision de vivre dans la région XXX et libérer le recruteur du poids ou du choix de conscience de vous faire courir le risque de déménager en cas d'échec...

Les heures carrées

"Vous savez, chez nous, ça bosse, bon sang de bon sang, ça bosse dur, tôt le matin, tard le soir, le week-end ! J'attends de mes collaborateurs qu'ils s'investissent, qu'ils soient prêts à décoller au bout du monde à tout instant, que leur portable soit allumé, jour et nuit ! Et vous savez pourquoi ? Parce que nos clients travaillent jour et nuit et que moi, je suis un patron qui turbine et mon entreprise, c'est du béton !".

Zut, vous êtes tombé sur un psychopathe, un amoureux de son entreprise qui confond temps sur le lieu de travail et investissement personnel, ne s'accordant lui-même que quelques minutes par jour, seulement pour déjeuner, et encore, en lisant les journaux ! L'ennui, c'est que sa société vous plaît, le travail est captivant et vous pensez qu'une belle opportunité comme celle-ci ne doit pas vous échapper.

Certains auront d'emblée une attitude pincée, montrant une certaine exigence en terme d'horaires stricts, a priori, vous ne serez pas sur la même longueur d'ondes. Bien entendu, je vous invite à fixer des limites "je suis quelqu'un qui s'investit beaucoup dans son travail, mais qui reste également désireux de préserver son équilibre personnel", vous insisterez sur certaines missions passées qui vous ont longuement retenu au bureau "quand il faut répondre présent, je suis toujours là !".

Vous évoquerez votre ouverture d'esprit sur la question des horaires ou des heures dites "carrées" mais les situerez toujours dans un contexte, disons, hors normes. Par conséquent, une réponse simple et honnête consisterait à préciser que vous vous êtes toujours arrangé pour faire votre travail dans le délai imparti, et ce, même s'il faut de temps en temps terminer sa journée un peu plus tard.

Prêt au sacrifice ?

Aïe, aïe, aïe, c'est la crise, les entreprises réduisent leurs budgets, modifient leurs stratégies et tentent, selon leur vision, de faire face aux difficultés économiques dont les médias nous abreuvent constamment. Que faire ? S'accrocher tant bien que mal, résister ? Chacun se décidera en fonction de ce qu'il est mais aussi tout simplement en fonction de ce qu'il peut...

Pourtant, sous la pression ambiante, les questions des recruteurs s'orientent également, et de plus en plus souvent, vers une hypothétique gestion de survie : "comment réagiriez-vous si votre employeur vous demandait de diminuer votre salaire ?"... La question qui tue ! Vaste débat ! Suis-je le vilain canard qui n'accepterait sous aucun prétexte le moindre effort ou bien serais-je alors le bon Samaritain qui, de peur de pointer rapidement chez Pôle Emploi, accepterait de réduire son traitement.

Inutile de demander avec défiance, les yeux frondeurs : "et vous, y seriez-vous prêt, accepteriez-vous de renoncer aux dividendes ?" ou "t'es un comique toi, tu sais d'où je viens ? T'es vraiment gonflé de me demander tout cela" ou bien de vous retrancher derrière les fameux barèmes des conventions collectives ou encore de montrer que vous seriez prêt à n'importe quel sacrifice. Je ne suis pas certain que ce type de réponse apporterait l'issue souhaitée, c'est-à-dire votre recrutement. Questionnez, creusez, demandez s'il s'agit là d'une pratique envisagée ou courante de l'entreprise recrutrice, montrez votre ouverture à négocier mais surtout, ne vous braquez pas... Je sais, ce n'est pas si simple.

Vous insisterez bien volontiers sur votre connaissance approfondie du secteur d'activité, affirmez que vous détenez bon nombre de renseignements qui vous confortent dans l'idée que vous rejoindrez une entreprise solide qui , si par malheur était confrontée à une crise exceptionnellement violente et soudaine, s'inscrirait normalement dans le dialogue responsable avec l'ensemble des collaborateurs, et pas seulement avec vous seul.

Par conséquent, inutile de prévoir l'avenir, personne ne le connaît, vous insisterez sur votre volonté de tout mettre en œuvre pour défendre avec loyauté les couleurs de l'entreprise, et que dans ce cadre, tout effort salarial ne pourrait être que temporaire et s'accompagnerait forcément d'une contrepartie telle qu'une formation, diplômante, inscrite sur le long terme ou bien l'acquisition d'actions. En bref, vous êtes ouvert au dialogue mais ne serez pas le pigeon de l'année car vous saurez toujours démontrer votre contribution !

Ronger son frein !

- "Ben qu'est-ce qui se passe ? Tu as arrêté de rechercher un emploi ?
- Non, non, je viens de terminer une série d'entretiens, j'ai passé toutes les étapes et maintenant, j'attends la réponse du DG !"

Allez, je suis certain que cela vous rappelle quelque chose, vous avez passé toutes les étapes du processus de recrutement, rencontrant tour à tour le cabinet, le chef de service, le DRH puis le DG de l'entreprise, évidemment, vous avez bien senti que le DRH est "pincé" de vous avoir rencontré si tard mais globalement, vous ressortez assez satisfait de ce parcours, n'osant croire à une issue favorable. On vous a promis une réponse pour le milieu de la semaine prochaine... et en attendant, vous êtes tellement excité que vous avez tendance à être moins efficace dans votre recherche.

Zut, nous sommes le mercredi de la semaine suivante : rien, pas de nouvelle, jeudi, rien non plus... mais que se passe t'il ? M'ont-ils écarté, comme un malpropre, comme ça, sans me donner d'explication ?

Vous êtes un lion en cage, incapable de vous concentrer sur quoi que ce soit...
Bon, cette situation est forcément frustrante, horripilante, pourtant, quelle autre solution avez-vous que de continuer vos recherches ? Je vous invite à ne pas lever le pied et à continuer d'appliquer méthodiquement votre process de recherche, même en attente d'une réponse promise rapidement. Continuez à relever les annonces, à construire vos candidatures à postuler, et ce pour trois raisons :

- La première : vous éviter d'avoir perdu 8 jours de recherche en cas de réponse négative,
- Mais aussi continuer à vous occuper l'esprit et à garder les pieds sur terre (on reste concentré jusqu'au moment où la ligne d'arrivée est franchie !),
- Votre rythme, vos priorités ne sont pas celles du recruteur... aussi, il n'est pas illogique que l'attente se transforme en une éternité de votre côté alors que le recruteur, engagé dans différents travaux n'a tout simplement pas pris le temps de finaliser sa décision...

Bref, les décisions ne dépendent plus de vous, vous avez fait ce que vous deviez faire, ce que l'on attendait de vous, maintenant, inutile de vous disperser et continuez à travailler en appliquant les "recettes" qui vous ont permis d'obtenir ces fameux entretiens dont vous attendez impatiemment l'issue !
Bon courage !

Les cartes heuristiques

Parvenez-vous à structurer facilement vos idées, vos réflexions ? Partir du haut de la page et coordonner, logiquement, une succession d'informations relève pour certains d'entre nous (dont votre serviteur) de l'effort absolu qui n'aboutit que très rarement au résultat escompté. A la question que nous nous posions ensemble cette semaine - quelles compétences vais-je proposer à l'entreprise qui recrute ? - je vous propose un outil très efficace vous permettant de "jeter sur le papier" l'ensemble des éléments de réponse qui vous viennent à l'esprit pour ensuite, éventuellement, les coordonner et n'en sélectionner que les éléments essentiels, ceux, qui selon vous, méritent de figurer au top des compétences mises en avant...

Constituer une liste, cohérente, énumérer chaque point, en détail parfois, ne mène à rien si ce n'est à un travail non abouti, nécessitant de nombreux retours. Et pourquoi ne pas mettre l'idée ou le thème principal au centre de votre feuille de papier plutôt qu'en titre tout là-haut ou sur la page précédente ? Nous sommes là au coeur du mind-mapping, être en mesure de coordonner ses idées autour de thèmes, de sous-thèmes, les embrasser en totalité du regard en gardant à l'esprit que toutes s'articulent autour du thème central, par exemple celui des compétences...

Bon, c'est sympa tout ce que tu racontes mais à quoi ça ressemble ? Et bien, je me suis prêté au jeu en récapitulant rapidement tout ce que je pouvais proposer à une entreprise - voici le résultat après 15 minutes de travail : "Domaines de compétences Pierre Denier". Certes, le travail mérite d'être approfondi, mais avouez qu'en seulement quelques minutes, je parviens à restituer un bon aperçu de mes compétences, une cartographie simple, transférable et facilitant tous travaux de synthèse et de compréhension globale. Une mise à nu en quelques sortes...

L'outil que j'utilise est un logiciel libre "Freemind" que vous pourrez facilement télécharger sur internet - ici par exemple. Bien entendu, cet outil peut s'avérer précieux pour tout travail de brainstorming. A vos cartes !

à méditer

Le monde appartient aux optimistes. Les pessimistes ne sont que des spectateurs.

François Guizot

Ce que je propose !

Nous l'avons évoqué récemment, il semble que le CV, s'il est lu par un œil humain, soit parcouru dans un laps de temps extrêmement court, de 15 secondes à une minute. Pourquoi ce temps si court ?

Parce que "éplucher" 300 à 400 CV prend un certain temps et que ce temps n'est pas élastique (à vos calculatrices !). Par conséquent, tout ce qui accroche, tout ce qui retarde ou tout ce qui n'est pas clair à la lecture du CV devient fatal... même si votre profil correspond à celui qui est recherché par l'entreprise.

"Mais enfin, je ne vais tout de même pas graver mon CV dans du yaourt pour qu'il soit lisse !" me direz-vous dans un mouvement de colère ! Pas la peine vous répondrai-je (tiens, je devrais écrire une pièce de théâtre), vous allez construire votre CV selon un modèle qui, même si certains le contestent, devrait vous permettre de travailler la fluidité et le confort de lecture... si, si, je vous l'assure.

Posez-vous une seule question : que recherche le recruteur à la lecture de votre CV ? Faites simple, une seule réponse, écartez toute philosophie, tout concept intellectuel. Alors ? ... Yes ! Bingo ! Le recruteur dès qu'il ouvre votre CV ne se demande qu'une seule chose : qu'est-ce que ce candidat pourrait apporter à mon entreprise (ou à mon client) ? En partant de ce principe, l'idée est de lui apporter très rapidement une réponse concrète, je préconiserais alors de débuter le curriculum par THE rubrique, celle qui récapitule vos domaines de compétences et qui, dès les premières secondes, devrait assouvir la curiosité de celui qui vous découvre (au passage, faites un tour du côté de l'empan !). A partir du moment où vous aurez préparé votre candidature, vos compétences devraient correspondre à celles que doit posséder le profil.

Par la suite, vous montrerez dans la deuxième rubrique de votre CV, celle qui relate votre expérience professionnelle. L'objectif consistera alors à démontrer que grâce aux compétences que vous maîtrisez, vous avez atteint vos objectifs, vous avez réussi vos missions et avez participé au développement de l'entreprise pour laquelle vous travailliez. En gros, mettez en avant vos réalisations, elles ont l'avantage d'être uniques et d'éviter toute répétition un tantinet redondante...

Bref, peu de temps pour lire le CV, alors gardez à l'esprit ces deux questions de bon sens : "quelles compétences puis-je vous proposer et qu'est-ce qui me permet de vous affirmer que je maîtrise bien ces compétences ?".

Trop dense !

"Qu'il est difficile de résumer sa carrière sur une page ou deux... ! Sélectionner les informations importantes, celles qui relèvent du détail insignifiant passent à la trappe, allez, oust ! Bye, bye ! Bon sang, mais tout est important, si je retire telle information, je déséquilibre par la même occasion ce que je suis, ce que le recruteur doit savoir sur moi ! Je veux donner l'image la plus juste et précise possible de ce que je suis, de mon parcours, j'ai besoin d'être totalement compris !".

Allez, je vous arrête tout de suite, ne cherchez pas à exprimer votre carrière, vos compétences, vos aptitudes dans le détail. Pourquoi ? Parce que vous devez faire un effort de synthèse et vous mettre à la place du recruteur. Pensez-vous réellement qu'un CV extrêmement dense, dont le texte, même s'il est passionnant, qui est écrit dans une toute petite police d'écriture afin que le tout tienne en deux pages, sera parcouru de façon approfondie par le recruteur ? Mais non ! Un CV trop dense est dissuasif, il décourage et n'incite pas à la lecture mais plutôt à passer au CV suivant !

Je ne crois pas à la persévérance du recruteur qui, enfin, "tomberait" sur votre compétence, exactement celle qu'il recherche, en bas de la deuxième page du CV, après avoir lu la totalité d'un CV dense qui jusque là ne correspondait pas totalement à ses désirs Je pense au contraire qu'il aura abandonné toute recherche assez rapidement, et bien avant d'avoir entamé la lecture de cette seconde page...

Que faire alors ? Donner du rythme à votre CV, l'aérer, le synthétiser, ne pas tomber dans le piège du détail qui pénalise fortement la concentration et la lisibilité du document. Construisez le de façon logique, ne vous séparez jamais d'une bonne dose de bon sens : que recherche le recruteur, quelles informations dois-je lui donner immédiatement et comment éviter toute répétition? Enfin, n'oubliez pas que le CV est un support d'entretien, et que si vous y avez tout indiqué, il sera difficile de faire mieux en entretien, au risque de décevoir l'interlocuteur.

Moralité, le CV doit donner envie de vous rencontrer afin que vous puissiez relater en entretien et dans le détail tout ce que vous pourrez apporter à l'entreprise recrutrice.

Perroquet ou caméléon ?

Après la technique du pied dans la porte, abordons aujourd'hui une méthode destinée à renforcer sensiblement l'influence que vous aurez sur votre interlocuteur, bien connue des commerciaux, il s'agit de la technique du caméléon. Bon, je vous rassure, je ne vous encouragerai pas à aller espionner le recruteur afin de vous habiller par la suite exactement de la même façon que lui ni même de choisir des vêtements dont la couleur sera identique à celle des murs du bureau dans lequel vous serez accueilli... non, rien de tout cela, la technique du caméléon s'appuie uniquement sur l'usage de la reformulation répétitive.

Pas forcément évident à appliquer avec naturel, le truc consiste à savoir reformuler, en utilisant les mêmes mots clés, le contenu de ce que vient de vous raconter votre interlocuteur. Un exemple : il vient de passer 5 minutes à vous décrire les objectifs de l'entreprise, à la fin, il vous lance un "avez-vous des questions, ou bien avez-vous compris ?". Si aucune question particulière ne vous traverse l'esprit, répondez simplement "j'ai bien compris les enjeux que vous avez décrits, il s'agit de..." et vous reformulez succinctement en réutilisant certains mots ou phrases.

Bon, jusque là, la technique vous est familière, rien de spécial. Pourtant, j'insiste sur la répétition et son influence. Saviez-vous qu'il est prouvé que vous obtiendrez toujours davantage en répétant ce que vient de dire votre interlocuteur plutôt qu'en lui lançant un simple "oui j'ai compris".

Cette technique d'influence a fait l'objet de travaux de la part de Messieurs Steenaert et Van Knippenberg, montrant que "l'imitation" entraîne un comportement plus favorable de la part de celui qui est copié qu'un simple acquiescement (dans leurs études, le comportement plus favorable se traduit par l'augmentation du nombre de personnes favorables de 50% et l'incidence sur leur comportement se traduisant par un geste deux fois plus généreux).

Alors aucune hésitation, pensez à utiliser cette technique d'influence !

y en a marre de l'e-réputation !

Vous n'en n'avez pas assez de lire toutes ces mises en garde sur l'e-réputation ? Personnellement, elles réveillent en moi mon côté "Rock'n Roll" et me donnent envie de défier le monde et de me laisser aller, comme ça pour voir.

Bon, je n'en ferai rien, parce que je crois que cela n'intéresserait personne, ni même ce fameux recruteur fantôme. De la même façon, vous ne trouverez aucune photo de moi en maillot de bain plongé dans une piscine de champagne ou déguisé en lapin rose. Non, rien de tout cela parce que sans même me soucier de l'e-réputation, il ne me viendrait pas à l'esprit de diffuser ce type d'information sur Internet, comme vous, comme presque tout le monde, quoi...

A force de nous faire peur sur l'e-réputation, nous nous servons de plus en plus mal des réseaux sociaux, les utilisant uniquement pour afficher un CV, lequel, sans "teasing" ou mise en appétit ne sera que très rarement consulté. Personnellement, je ne crois pas au recruteur qui passerait des jours sur nos traces numériques pour ressortir et brandir nos "vils propos" dix ans après qu'ils aient été publiés, à moins de postuler à la DST ! Et encore... Ce n'est qu'une conviction, je ne pourrais évidemment pas le prouver.

Alors quel est le message de ce billet ? Vous inciter à vous faire connaître... donnez votre avis, informez votre réseau sans craindre d'être espionné, parce que c'est bien au contraire tout l'objet d'internet et que se faire repérer sur la toile passe nécessairement par la case "partager"!

Pourquoi indiquer son âge !

Un sujet sensible qui devrait provoquer quelques réactions ! Celui de l'âge. Je sais bien qu'à l'époque du CV anonyme, ce type d'information pourrait passer pour discriminatoire (trop quelque chose...).

Pourtant, j'encourage à indiquer clairement l'âge sur le CV tout simplement parce que selon le nombre d'années d'expériences que vous avez acquises, l'on peut assez facilement déterminer votre année de naissance. Ne pas indiquer l'âge relève alors du secret de Polichinelle !

Partons du postulat suivant : chaque CV est parcouru dans un laps de temps compris entre 30 secondes et une minute (regardez ce que cela représente pour 300 à 400 candidatures en réponse à une annonce), vous avez travaillé l'impact, vous efforçant d'apporter toutes les réponses que pourrait se poser le recruteur, ayant particulièrement soigné la compréhension de votre parcours et de ce que vous pourriez apporter à l'entreprise. Vous avez décidé de ne pas mentionner votre âge, cependant, vous indiquez avoir commencé à travailler en 1978, juste après votre bac. Alors ! Le recruteur sort sa calculatrice mentale, il imagine que vous aviez 18 ans l'année du bac, en déduit que vous êtes né en 1960 (ici, le calcul est facile !), puis, se lance dans une autre opération : 2010 moins 1960, cinquante, vous avez cinquante ans !

Le calcul n'est pas violent, il est opéré à partir des informations que vous avez transmises, cependant, vous admettrez qu'il a pris un certain temps, temps prélevé sur les fameuses 30 secondes de découverte de votre CV... De façon très pragmatique, je vous invite à optimiser la lecture du recruteur sur ce temps très, trop bref, (mais réel) en lui apportant cette information.
La date de naissance ne me semble, quant à elle, pas appropriée pour deux raisons, elle force au calcul mental et vous expose au rejet ou à l'a priori négatif (signe astrologique non compatible ou bien même date de naissance que son pire ennemi !). Bref contentez vous d'une mention sobre tenant en 2 chiffres (sauf pour les centenaires) et suivie de "ans" !